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April

Revue de presse de l’April pour la semaine 2 de l’année 2026


France
Publié le
lundi 12 janvier 2026 12h10
Importé le
lundi 12 janvier 2026 13h03

Cette revue de presse sur Internet fait partie du travail de veille mené par l’April dans le cadre de son action de défense et de promotion du logiciel libre. Les positions exposées dans les articles sont celles de leurs auteurs et ne rejoignent pas forcément celles de l’April.

[Le Monde.fr] «Les Gafam ont colonisé progressivement nos imaginaires» (€)

✍ Fabrizio Defilippi, le samedi 10 janvier 2026.

TRIBUNE. L’essor de l’intelligence artificielle, et avec elle d’images produites rapidement, a entraîné un appauvrissement de la créativité en ligne, au point de susciter une vague de nostalgie pour le Web tel qu’il existait auparavant, souligne Fabrizio Defilippi, spécialiste des cultures numériques, dans une tribune au «Monde».

[Le Monde.fr] «La domination de la Chine dans l'IA open source est un défi pour les Etats-Unis» (€)

✍ Alexandre Piquard, le jeudi 8 janvier 2026.

CHRONIQUE. La concurrence entre modèles propriétaires et modèles ouverts et gratuits d’intelligence artificielle est au cœur de l’affrontement économique et idéologique entre l’Amérique de Trump et la Chine de Xi Jinping, explique Alexandre Piquard dans sa chronique.

Et aussi:

[EurActiv] La Commission européenne veut commercialiser l'open source pour en faire un levier de souveraineté numérique FR

✍ Maximilian Henning, le mercredi 7 janvier 2026.

La Commission européenne entend renforcer la souveraineté numérique de l’UE en favorisant la commercialisation des logiciels open source développés en Europe, selon une consultation publiée mardi 6 janvier.

[ZDNET] Linux sera invincible en 2026

✍ Steven Vaughan-Nichols, le lundi 5 janvier 2026.

Linux et l’open source s’apprêtent à connaître une année faste, avec la croissance de PDM sur les ordinateurs de bureau, la montée en puissance de Rust et toujours plus de sécurité.

[France Info] Arrêter la dépendance à Google: Côte-d'Or Street, première numérisation des routes proposée par un département, 'un véritable enjeu de souveraineté'

✍ Auberi Verne, le mercredi 31 décembre 2025.

Le Département de Côte-d’Or a lancé, fin décembre, son propre service de navigation virtuelle sur le réseau routier. Une façon d’assurer son indépendance face à l’hégémonie du géant Google Street View.

Et aussi:

[ZDNET] Libre et open source express (1/2): dons aux assos, exclusion numérique, Acteurs du Libre, Science ouverte, collectivités

✍ Thierry Noisette, le mardi 30 décembre 2025.

En bref. Et vous, qui soutenez-vous? Ce que peuvent faire les entreprises contre l’exclusion numérique, par Emmaüs Connect. Lyon, Grenoble et d’autres villes, retours d’expérience sur l’adoption de solutions libres

Et aussi:
Mageia.org

Mageia 10 : première image ISO Alpha !


France
Publié le
lundi 12 janvier 2026 08h14
Importé le
lundi 12 janvier 2026 13h03
Nous sommes ravis d’annoncer que le Conseil d’Administration de Mageia a officiellement validé la publication de la première image ISO Alpha pour Mageia 10 !  Cela marque une étape importante dans le cycle de publication de Mageia 10 et ouvre la … Continuer la lecture
Framasoft

Khrys’presso du lundi 12 janvier 2026


France
Publié le
lundi 12 janvier 2026 07h42
Importé le
lundi 12 janvier 2026 13h03
  Comme chaque lundi, un coup d’œil dans le rétroviseur pour découvrir les informations que vous avez peut-être ratées la semaine dernière. Tous les liens listés ci-dessous sont a priori accessibles librement. Si ce n’est pas le cas, pensez à … Lire la suite­­
Electrocycle

Installs parties et ateliers thématiques à la ressourcerie de l’ETES au 1er semestre 2026


Île-de-France
Publié le
samedi 10 janvier 2026 19h21
Importé le
samedi 10 janvier 2026 21h04
Les Valoristes et Electrocycle se sont associées pour proposer tous les 4e samedi après-midi du mois (janv. à juin 26) à la ressourcerie de l’ETES – 14 Rue Alexandre Bachelet, 93400 Saint-Ouen-sur-Seine – 3 Installs parties (créneaux d’1 heure entre 13h30-17h30) et 3 ateliers thématiques (14h-16h). Sur inscription à partir du lien suivant pour les ateliers […]
LinuxFr

Nouveautés de janvier 2026 de la communauté Scenari


Internet
Publié le
samedi 10 janvier 2026 19h17
Importé le
samedi 10 janvier 2026 21h03

Scenari est un ensemble de logiciels open source dédiés à la production collaborative, publication et diffusion de documents multi-support. Vous rédigez une seule fois votre contenu et vous pouvez les générer sous plusieurs formes : site web, PDF, OpenDocument, diaporama, paquet SCORM (Sharable Content Object Reference Model)… Vous ne vous concentrez que sur le contenu et l’outil se charge de créer un rendu professionnel accessible et responsive (qui s’adapte à la taille de l’écran).

À chaque métier/contexte son modèle Scenari :

  • Opale pour la formation 
  • Dokiel pour la documentation 
  • Optim pour les présentations génériques 
  • Topaze pour les études de cas 
  • et bien d’autres…

L’association Scenari te souhaite une belle et heureuse année 2026, pleine de projets Scenari ☘️

🚀 Visio de découverte de Scenari

Tu as des questions sur Scenari avant de tester ?
Tu voudrais une petite démo ?
Tu commences à utiliser Scenari et tu as besoin d’un peu de soutien ?

Cette visio est faite pour toi : vendredi 19 décembre à 16h sur https://scenari.org/visio/miniwebinaire

Lien Agenda du Libre
Lien Mobilizon |

🖥️ Prochain mini-webinaire : « Découverte de Topaze » 27 janvier

Mardi 27 janvier de 16h30 à 17h30 heure de Paris, à l’adresse https://scenari.org/visio/miniwebinaire.

Ce mini-webinaire servira à présenter un modèle déjà très connu et ancien, mais que beaucoup ne connaissent que de nom : Topaze.

Topaze permet de concevoir des parcours multi-linéaires et de réutiliser des contenus Opale. Idéal pour concevoir des jeux sérieux, des études de cas… où le parcours s’adapte au rythme d’apprentissage de l’apprenant.

Pour que la session colle au mieux aux besoins de la communauté, tu peux participer à ce fil de discussion sur le forum.

Les enregistrements des mini-webinaires précédents sont sur la page dédiée de scenari.org et dans notre canal peertube.

Pour proposer des sujets, rends-toi sur ce fil de discussion.

💗 Parole de Scenariste

J'ai découvert le monde de Scenari en mai 2010 grâce à mon compère Guy Vedrenne. Il m’a dit : « on a un projet de formation à sortir pour septembre et on va le médiatiser avec Opale ». J’ai dit OK et le monde des poupées russes de l’ami Opale est devenu un terrain connu.

Avec le temps, j’ai voulu gouter à Topaze pour créer des parcours différentiés et pour ça, j’ai rencontré Katia Quelennec qui a formé un petit groupe à ce modèle bien sympathique.

J'ai aussi utilisé Webmedia pour voir ce que cela permettait avec des vidéos et je le trouve très opérationnel, Dokiel pour mettre en place des tutos et les mettre à disposition facilement, Optim pour créer des mini sites pour présenter des projets de formation en dehors des plateformes LMS.

Enfin, on entend souvent que le “rendu” n’est pas très beau par rapport à d’autres outils, alors un petit tour sur Styler a solutionné pas mal de critiques avec l’appui du forum Scenari et surtout avec les posts de réponse de Samuel Monsarrat.

Aujourd'hui, nous produisons nos formations principalement avec notre serveur Scenari et avec Myscenari.

Bref, Scenari c’est une belle chaine éditoriale contenant plein d’outils utiles, mais c’est surtout une belle communauté très active.

Frédéric Waymel, Responsable du pôle technique du Centre Ministériel d’Appui à la formation à distance d’Aix-en-provence. Modèles utilisés : Modèles utilisés : Opale, Topaze, Dokiel, Optim, Webmedia

📣 La carte des scénaristes t’attend

La carte des scénaristes te sert à connaître les utilisateur⋅rice⋅s de scenari de ton entourage.

On t’invite à t’y inscrire ou à y vérifier que tes informations y sont à jour.

✨ Le savais-tu ?

Opale incorpore nativement, aux publications web et diaporama, des outils d’accessibilité numérique pour le public dys.
Il suffit d’activer l’option dans l’item de génération dans les blocs « paramétrage web » ou « paramétrage diaporama ».

📊 Le chiffre du mois

C’est le nombre de jours de travail que Kelis a dédié aux développements du cœur Scenari en une seule année (2024).

Comme disait François Elie, fondateur de l’ADULLACT : « Un logiciel libre est gratuit, une fois qu’il est payé ».
Si les logiciels Scenari gratuits et de qualité dont nous profitons tou⋅te⋅s existent, c’est parce des organisations décident de financer les développements et de les reverser dans le libre pour la communauté.

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ABUL

Journée de découverte du Libre samedi 28 février 2026 à Pessac


Nouvelle-Aquitaine
Publié le
samedi 10 janvier 2026 18h51
Importé le
samedi 10 janvier 2026 21h03

Journée de découverte du Libre et install-partie GNU-Linux le samedi 28 février 2026 de 10h à 17h à la Salle de France à Pessac.
Jetez Windows®, pas votre ordinateur !
Alors que Microsoft veut contraindre les utilisatrices et utilisateurs de Windows ≤10 à mettre au rebut des centaines de milliers de PC (non compatibles avec Windows 11), les militants du Libre proposent de vous accompagner pour installer une distribution GNU-Linux sur votre PC et lui rendre ainsi un coup de jeune ! (…)

- Ateliers, manifestations, install-parties
VireGUL

Ateliers du premier semestre 2026


Normandie
Publié le
samedi 10 janvier 2026 15h13
Importé le
samedi 10 janvier 2026 21h04
L’association VireGul vous souhaite une excellente année 2026 🌟. En cette nouvelle année, continuons à cultiver ensemble un numérique libre, éthique et solidaire 🐧🔓. Rejoignez-nous pour construire un internet plus humain ! Que 2026 soit l’année de l’émancipation numérique.🚀 Dates pour des ateliers 2026 Nous organisons des ateliers ouverts à Lire la suite →
LinuxFr

« It works on my satellite » ou l'histoire d'un bug dans l'espace


Internet
Publié le
samedi 10 janvier 2026 10h59
Importé le
samedi 10 janvier 2026 13h03

Cette dépêche raconte un vieux bug que j’ai eu sur un satellite. L’identification, la reproduction, la correction. C’est le bug qui m’a le plus intéressé/marqué dans ma carrière (jusqu’ici), C’est pourquoi cela pourrait aussi vous intéresser.

L’appel

Il y a bien longtemps, dans une galaxie lointaine. Ah non, pardon. Un long weekend de 14 juillet, sur une plage, je reçois un coup de fil : « Un des satellites a rebooté, à cause d’une erreur logicielle, est-ce que tu es disponible pour venir comprendre ce qu’il s’est passé ? A priori, il fonctionne toujours, mais il est passé tout seul sur le calculateur redondant. »

Quelques mois avant, on avait lancé une première grappe de six satellites ; d’autres lancements sont prévus pour compléter une constellation dans les mois/années à venir. Comme tout marche bien depuis des mois, personne de l’équipe logiciel de bord n’est d’astreinte. Sur ces satellites, j’étais surtout sur la partie validation. En gros, ce jour-là pour moi, ce n’était pas possible, mais j’y suis allé le lendemain, un samedi ou dimanche.

Sommaire

L’objectif et les moyens de débug

Si nos managers nous ont appelé, c’est parce quand un satellite bugue en prod (on va dire en vol, plutôt), c’est comme pour n’importe quel autre logiciel, des gens veulent des réponses à des questions comme :

  • pourquoi ?
  • est-ce que c’est grave ?
  • est-ce que ça va se reproduire ?
  • comment on corrige ?

Par contre, les moyens sont potentiellement différents de ce que vous avez dans d’autres environnements (ou pas, j’imagine que ça dépend des gens) Ce qu’on a :

  • le code
  • la doc
  • des bancs de tests (avec le même matériel pour le calculateur)
  • des gens
  • un tout petit peu de contexte logiciel sauvegardé au moment de l’erreur (j’y reviens)
  • la télémétrie avant l’anomalie (tout allait bien)
  • la télémétrie après l’anomalie (tout va bien, mais on est passé du mode matériel 2 au mode 3. En gros c’est le même, sauf qu’on utilise certains équipements “redondants” au lieu du “nominal”, dont le calculateur)

Premier élément, qui a mené au fait que c’est nous (du logiciel) qui avons été appelés, c’est que le matériel qui gère le mode (2 -> 3) peut changer de mode pour plusieurs raisons, mais il sait pourquoi il le fait. Et la raison c’est « le logiciel m’a dit de le faire ». Donc ça vient de nous.

L’analyse

Comme tout va bien, on va regarder le contexte sauvegardé. Ce n’est pas un core dump qu’on peut passer à gdb, mais ça contient quelques infos :

  • le code de l’erreur ILLEGAL CPU INSTRUCTION
  • le Program Counter %pc qui nous donne l’adresse de l’instruction exécutée au moment de l’erreur
  • l’adresse de la prochaine instruction à exécuter %npc (ici c’est l’adresse juste après %pc, rien de surprenant)
  • une copie des registres (bon, on ne va pas en avoir besoin, donc je ne vous fais pas un cours sur SPARC et ses registres tournant, de toute façon j’ai oublié. On pourrait probablement les utiliser pour récupérer partiellement la pile d’appel, on l’a surement fait)
  • la date et l’heure (super info utile. Enfin, ça correspond à notre anomalie, j’imagine que c’est pour ça qu’on l’avait)
  • surement d’autres choses, mais pas utiles pour la suite.

Problème résolu donc ? on est à l’adresse %pc, on l’exécute et le CPU nous dit que l’instruction n’est pas légale. Qu’est-ce qu’il y a ici ? Une instruction légale, quelle que soit la valeur des registres. Pareil pour un peu plus haut et un peu plus bas, rien qui provoque cette erreur. Que s’est-il passé ?

On est dans l’espace, donc l’explication facile (dès qu’on n’explique pas un truc) : l’instruction a dû avoir un Single Event Upset (SEU), un bit flip. Ça a transformé une instruction légale en instruction illégale. C’est simple ? Sauf que non, on est dans l’espace, en conséquence, on a tout un mécanisme de protection contre les SEU. C’est pas infaillible (par exemple si on a deux bits inversés, on ne peut pas corriger) mais ce n’est pas la bonne signature. Si c’était ça, ça dirait DOUBLE EDAC ERROR, pas ILLEGAL CPU INSTRUCTION.

Donc la cause de l’anomalie n’est pas un SEU.

EDAC / Protection contre les SEU

Je suis sûr que vous êtes intéressé, donc je vais vous décrire la protection contre les bit flips. C’est un mix de matériel/logiciel (en plus d’avoir une boite autour qui diminue la probabilité). En mémoire (RAM, ROM) pour 4 octets de données “utiles”, on consomme 5 octets. Le 5ᵉ octet contient un code de contrôle calculé à partir des 4 autres (EDAC). Si un bit change (sur les 5 × 8 = 40 bits), on peut non seulement le détecter mais aussi reconstruire la valeur correcte. Si deux bits changent (ou plus, mais il y a une limite), on peut détecter l’erreur mais pas la corriger (cf: le DOUBLE EDAC ERROR mentionné plus haut)

C’est complètement transparent vu du logiciel (code source, ou assembleur), tout ça est calculé par le matériel. Quand on écrit en mémoire 0x12345678 il calcule le code et écrit 0x12345678XY avec la bonne valeur de X et Y. Quand on lit, pareil, le matériel commence par lire 0x12345678XY, calcule la somme de contrôle sur les 4 octets, si c’est le bon, il nous donne 0x12345678.

Là où ça se complique, c’est quand il y a un changement. Disons qu’on a maintenant 0x02345678XY. (1 --> 0). Il se passe deux choses ici :

  1. le matériel dit au logiciel 0x12345678 (il corrige, mais uniquement la valeur envoyée au software. Pas la valeur enregistrée en mémoire)
  2. il émet un signal SINGLE EDAC ERROR.

C’est là que le logiciel intervient, dans le point 2. Ce signal est lié à une trap qui corrige la mémoire. Schématiquement c’est lié à une fonction qui ressemble à ceci (en assembleur SPARC en vrai, mais j’ai tout oublié)

; adresse vient du contexte, c’est l’adresse qui a été lue en dernier, qui a généré la trap disable_edac_trap: ; Désactiver la trap. Sinon on déclencherait la trap depuis la trap load [adresse], reg ; Lire 4 octets (lecture = correction auto) enable_edac_trap: ; store reg, [adresse] ; Réécrire la valeur corrigée

On lit la valeur, c’est corrigé vu du logiciel par le matériel, on réécrit la valeur, tout est corrigé.

Cette trappe peut être déclenchée par n’importe quelle instruction qui lit de la mémoire (ou par le fait de charger une instruction elle-même depuis la mémoire), et on a même une tâche de fond (plus basse priorité, qui tourne en permanence quand il reste du temps de calcul disponible) qui fait

// en gros. En vrai légèrement plus compliqué void background_task(void) { int address = MEMORY_START; volatile int value; while (1) { value = *address; // s’il y a un bit flip en mémoire, ce sera corrigé par la trap address += 4; if (address >= MEMORY_END) { address = MEMORY_START; } } }

L’idée de cette fonction c’est de lire la mémoire régulièrement. Si on ne faisait pas ça, peut-être que certaines cases mémoires auraient deux bit flips, car pas corrigé après le premier si on ne lit pas la mémoire avant qu’un autre arrive. Ce n’est pas très fréquent d’avoir des bit flips, mais sur les 6 satellites, en cumulé, on en détecte quelques-uns par jour.

L’hypothèse

De retour à la case départ donc. On exécute apparemment l’instruction stockée dans %pc, valide. Et le CPU nous dit qu’elle est invalide, mais clairement, elle est valide. On tourne en rond, on est samedi ou dimanche, fin d’après midi, et le satellite, lui aussi il tourne en rond, sans problèmes. Tout à coup, quelqu’un a l’idée de dire « bon, on ne résoudra pas ça aujourd’hui. On se revoit lundi ? ». On rentre, je bois un verre avec mes colocs (enfin, je suppose. C’était une activité habituelle pour un weekend, ça, au moins)

Retour au bureau, et là (surement plus tard, pas lundi 9h) on a David (un collègue) qui propose : "Comme clairement %pc est valide, est qu’on exécute quelque chose d’invalide, est-ce qu’on est sûr qu’on a bien enregistré %pc?". On vérifie, le code qui fait ça a l’air correct. En plus le contexte général, ce qu’il y a dans les registres est correct. Toujours David "OK, le logiciel est correct, mais est-ce qu’on est sûr que %pc c’est bien toujours l’instruction qu’on exécute ?".

Donc, on vérifie, par acquit de conscience et on remarque que non, pas nécessairement. Si on est dans une trap, le %pc qu’on enregistre pointe vers l’instruction qui a provoqué la trap, pas l’instruction de la trap qu’on exécute. Bon, OK, ça ne nous avance pas nécessairement (mais si j’en parle…)

Nouvelle question donc : Si on est à %pc, quelles sont les traps qui peuvent s’exécuter ? Il y a plein de possibilités, la plupart viennent de causes extérieures (timer matériel, plein d’autres évènements extérieurs) et potentiellement aussi la trap de l’EDAC si on lit une valeur (et l’instruction à %pc lit une valeur).

Donc techniquement, on pourrait aussi être n’importe où dans le code (assembleur) de toutes les traps. Avant on cherchait pourquoi c’était illégal d’exécuter %pc, maintenant on cherche pourquoi ça serait illégal d’exécuter %pc ou n’importe quelle ligne d’une trap active/activable à ce moment-là.

Chez moi, ça marche

Sauf que le code des traps, c’est pas nous qui l’avons écrit. C’est bien du code qui vient de l’entreprise, mais il existe depuis plusieurs années, est utilisé sur le même processeur depuis plusieurs années, et il a plusieurs dizaines d’années de vol (cumulé, en additionnant les satellites) sans problème.

En suivant les principes bien connus du développement logiciel, si on utilise un logiciel sur étagère, pas besoin de le valider (surtout ça coute de l’argent. Cela dit même si on avait essayé, je ne pense pas qu’on aurait trouvé de problème), vu qu’il marche. Par acquit de conscience, on demande, et on nous répond "bah chez nous ça marche" (la légende veut qu’une histoire similaire soit à l’origine de Docker, je ne sais pas si c’est vrai, mais le fameux "it works on my desktop, ship my desktop"…)

Vous avez peut-être lu le titre de l’article, donc vous imaginez où je vais. On se demande « OK, pourquoi ça marche pour eux, et pas pour nous ? » Quelles sont les différences ?

  • on est sur le même CPU/MCU (donc non, c’est pas ça)
  • on a changé de compilateur pour une nouvelle version (mais 1. c’est un compilateur “certifié”, et 2. les traps sont en assembleur…)
  • on est en orbite plus basse, et on a plus de SEU (mais même, quand on regarde leur historique, ils en ont beaucoup aussi, et en cumulé, beaucoup plus. Après… peut-être n’a-t-on pas de chance ?)

L’erreur

Ok, on a changé de compilateur, les traps sont en assembleur, mais le reste du code est dans un langage bien plus courant (non, je rigole, en vrai c’est en Ada…), peut-être que l’interaction entre les traps et le reste du code a changé ?

Pourquoi est-ce qu’on a décidé de changer de compilateur ? Ah pour des histoires de taille mémoire (640 kB should be enough? On avait même plus, genre 2 Mo de ROM, 4 Mo de RAM, large… ou pas). D’ailleurs, au moment du changement, on en a profité pour faire quelques optimisations. Non pas des flags genre -O1 ou -O2. Plus des choses sur le layout mémoire, on a ajouté __attribute__((packed)) qui est supporté, on a un peu changé le linker script…

Par exemple, le packed, ça nous permet de gagner de la place, avant toutes les variables étaient alignées sur une adresse multiple de 4, que ça soit un nombre sur quatre octets, ou un char d’un octet, ils prenaient au moins quatre octets. Maintenant, on a mis les data types multiples de quatre au début de la structure, bien alignés, puis les types qui prenent deux octets, on en met deux dans quatre octets (au lieu d’un et de gacher deux octets pour rien), puis les types de un octect, on en met 4.

D’ailleurs, par exemple, l’instruction à %pc, elle charge une donnée d’un seul octet qui est dans une adresse du type XXX+3, où X est un multiple de 4. C’est pas illégal de faire ça (donc non, toujours pas d’instruction illégale ici)

Après quoi, c’est là où David revient (dans mon souvenir en tout cas, ça venait beaucoup de lui, mais on était beaucoup à échanger sur le sujet). "Ok, %pc lit une donnée non alignée, et il le fait correctement. Mais s’il y a un bit flip, il se passe quoi ?. Bah rien, EDAC détectée, trap, on exécute le code assembleur qui marche sur les autres satellites.

Ah oui, mais non. Si on lit un octet, on peut lire XXX+3, mais si on lit 4 octets, c’est interdit. Il faut lire une adresse multiple de 4. Et donc on a une EDAC, et quand on rentre dans la trap

; adresse == XXX+3 disable_edac_trap: ; load [adresse], reg ; Lire 4 octets enable_edac_trap: ; store reg, [adresse] ;

Ah oui, mais non. load ça lit 4 octets, c’est illégal de lui passer une adresse non multiple de 4, c’est une illegal instruction. Donc ça pourrait être ça :

  1. bit flip sur les quatre octets situés à XXX (l’EDAC est toujours calculé sur 4 octets d’une adresse alignée, même si on lit décalé)
  2. on rentre dans la fonction qui contient %pc
  3. on lit un octet à XXX+3
  4. ça déclenche la trap
  5. la trap essaye de lire 4 octets à XXX+3
  6. ILLEGAL CPU INSTRUCTION, allez en prison sans passer par la case départ

La reproduction

Sur le papier, ça marche. On peut même faire un petit logiciel sur le banc, qui fait juste un load [XXX+3], reg et qui génère une ILLEGAL CPU INSTRUCTION. Mais évidemment nos managers (et notre client) voudraient un peu plus qu’un « sur le papier, c’est ça, trust me bro ».

Donc la question "c’est possible de reproduire exactement comme dans l’espace, plutôt que de juste exécuter une instruction illégale à la main ?". Avec le vrai logiciel qui était dans l’espace, pas un logiciel de test ?

Bien sûr, il suffit d’attendre d’avoir un bit flip, sur le banc, juste au bon endroit, au bon moment. Vous avez combien de siècles devant vous ? Ou alors est-ce qu’on peut mettre le banc à côté d’un réacteur nucléaire ? Ça devrait accélérer les choses (du bon côté du mur de confinement. Ici, “bon”, ça veut dire mauvais pour les humains)

On va quand même regarder si on peut provoquer un bit flip autrement. Bon, a priori, en interne, au logiciel, on ne sait pas comment faire. La doc du processeur (qui vient avec l’edac) ne nous aide pas non plus. On demande à ceux qui nous ont dit que « chez eux, ça marche » qui nous répondent que la trap de l’edac, ils ne l’ont jamais testé, c’est juste une revue de code.

Bon, on envoie quand même un courriel au fabricant du proc, au cas où. Réponse rapide « je reviens vers vous dès que je sais ». Quelques jours (2, 3 semaines ?) plus tard : "Ah oui, c’est possible. D’ailleurs c’est documenté. Page WSYZ sur 5000, il y a **un* paragraphe qui explique comment faire*".

Le TL/DR du paragraphe : Il est possible de désactiver l’EDAC en écriture. Par contre il faut faire des choses spécifiques, donc on a pas de commande prévue pour le faire “simplement” depuis l’extérieur, il faudrait une nouvelle fonction.

void generer_bit_flip(int address, int valeur) { *address = valeur; // écrit la valeur correcte avec l’edac normal manipulate_specific_register_to_disable_edac(); // on a dû écrire la fonction, c’est pas aussi simple *address = valeur ^ 0x00000001; // écrit la valeur avec un bit changé, mais sans changer le checksum enregistré manipulate_specific_register_to_enable_edac(); }

Ça tombe bien, le logiciel qui est dans l’espace a deux fonctionnalités qu’on a testé, mais jamais en vrai avec un truc vraiment utile

  1. on peut patcher la mémoire et écrire ce qu’on veut, où on veut (code, données)
  2. on a plusieurs “fonctions” périodiques qui ne font rien, et qui sont prévues pour être patchées si on veut ajouter quelque chose (via la fonction de patch plus haut)

Donc on peut créer une fonction comme ça (en gros)

void generer_bit_flip(int address, int valeur) { static int actif = TRUE; if (actif) { *address = valeur; // écrit la valeur correcte avec l’edac normal manipulate_specific_register_to_disable_edac(); // ou a dû écrire la fonction, c’est pas aussi simple *address = valeur ^ 0x00000001; // écrit la valeur avec un bit changé, mais sans changer le checksum enregistré manipulate_specific_register_to_enable_edac(); actif = FALSE; // on ne veut le faire qu’une fois } }

Une fois qu’on a la fonction, on la compile. Ensuite on charge le logiciel normal sur le banc, on se met en conditions « avant l’anomalie », on uploade la fonction, on l’active et…

Le banc change de mode, passe du mode 2, au mode 3, sur le calculateur redondant. On vérifie le contexte, même signature que l’anomalie en vol. C’est bon on a fini. (Ouf, mon journal est déjà trop long)

La correction (Over-The-Air, mais sans l’air)

Oui, non, pas exactement. On a une explication, il faut une correction maintenant. Bon, c’est simple. Pour lire une adresse alignée sur 4, il suffit de mettre deux bits à 0. Finalement, voilà le patch

address = address & ~0x3 ; ** Cette ligne est le patch ** disable_edac_trap: ; load [adresse], reg ; enable_edac_trap: ; store reg, [adresse] ;

Oui, c’est un patch d’une instruction dans le binaire. (Techniquement, 5 instructions, parce qu’il faut décaler les 4 instructions existantes de 1, mais on avait des noop en dessous, donc ça rentre)

La dernière question, c’est quelle stratégie d’ update appliquer. On a techniquement quatre familles de satellites à considérer :

  1. les satellites « pré-existants », qui utilisent l’ancien compilateur, sans packed et déjà dans l’espace.
  2. le satellite qui a eu l’anomalie.
  3. les 5 autres satellites de la grappe.
  4. les futurs satellites, non lancés.

Ce qui a été décidé : La première catégorie : Techniquement, on pourrait discuter du fait qu’il y a un bug ou non. Mais même si on considère qu’il y a un bug, il ne peut pas être déclenché. Donc on ne touche à rien. La catégorie 4, c’est facile. Ils sont au sol, on fait une nouvelle version complète du logiciel, on reflashe la rom en entier, et on vérifie.

Il reste les deux autres catégories. Bon la seule différence, c’est qu’un, toujours en mode 3, tourne pour l’instant sur le calculateur redondant (on peut revenir en mode 2, manuellement, si on veut). Donc on décide « on va faire la même chose », et on va corriger le problème (on aurait pu ne rien faire et dire « bah, si ça arrive, on connaît et on revient à chaque fois manuellement en mode 2 »)

Là encore, même si on corrige, on a plusieurs choix :

  1. Mettre à jour la ROM. En fait non, les ROM, parce que chaque calculateur a la sienne. Et le nominal ne peut pas écrire la ROM du redondant, et inversement. (Dès lors, si on veut patcher, qu’est-ce qu’on patche ? Le deux ROM ? Faut-il reconfigurer à la main pour rebooter sur le redondant ?)
  2. utiliser un mécanisme prévu pour « patcher, mais sans patcher la ROM ».

La solution 2, retenue, c’est un mécanisme (déjà dans le logiciel) qui permet de mettre les infos dans une autre mémoire (partagée par les deux calculateurs). Au boot, la ROM est copiée dans la RAM (on exécute le code depuis la RAM), et « avant de démarrer » on vient regarder dans cette table, si l’on doit patcher la RAM. Cela donne quelque chose comme :

ROM (logiciel original) --> Copie vers la RAM --> RAM (logiciel original) --> fonction de patch au boot, vient modifier la RAM --> RAM (trap corrigée) --> boot du logiciel.

Conclusion

Qu’est-ce que je retiens principalement ?

  • quand on me dit que du code fonctionne, donc qu’il est correct… j’ai un doute
  • Ce n’est pas parce que la doc explique quelque chose qu’on peut le trouver. Surtout quand elle fait 5000 pages… Il ne faut pas hésiter à demander

Voila, en quelques pages, une vieille histoire qui m’a marqué. Je suis probablement une des personnes qui a participé à un des patchs le plus haut du monde (plus de 1 000 km d’altitude)

Bon en vrai, la NASA fait des mises à jour logicielles sur des rovers sur Mars, donc c’est clairement pas le record mais c’est pas trop mal (ils ont même peut-être des mises à jour sur leurs sondes plus loin de la terre)

Note : cette histoire date maintenant d’il y a plus de dix ans. Il y a donc forcément des simplifications, des imprécisions, et probablement des erreurs. Aucun satellite n’a été maltraité pendant cette enquête. Il y en a bien un qui est tombé à terre, mais ça c’était avant le lancement.

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April

10 minutes pour résumer l'activité de l'April en 2025 et poursuivre la dynamique


France
Publié le
vendredi 09 janvier 2026 10h30
Importé le
vendredi 09 janvier 2026 13h03

Depuis 1996, l'April est animée par une ambition : « logiciel libre, société libre ». Soutenue par les contributions de ses membres et les dons, grâce à l'action de ses bénévoles et de son équipe salariée, l'April mène un important travail de défense et de promotion du logiciel libre. À l'heure où le Libre obtient une reconnaissance certaine, nous devons redoubler d'efforts pour que les principes essentiels du logiciel libre ne se dissolvent pas dans les effets de mode et le pragmatisme, indifférents à son éthique. La menace sur nos libertés s'est globalement aggravée. L'engagement en faveur du logiciel libre est donc plus que jamais d'une importance fondamentale.

Voici une présentation de quelques actions réalisées au cours de l'année 2025, en attendant la publication de notre rapport d'activité.

toc_collapse=0; Sommaire 
  1. Dossiers
  2. Chapril
  3. Émission de radio Libre à vous !
    1. Diffusion sur de nouvelles radios
    2. Prix spécial du jury « Les Acteurs du Libre »
    3. Équipe
    4. Radio Cause Commune dans Le Parisien et sur France 3 Île-de-France
  4. Sensibilisation
  5. Tour des GULL
  6. Interviews April dans le podcast Projets libres !
  7. Transcriptions
  8. Trad-Gnu
  9. Agenda du Libre
  10. Revue de presse
  11. Admin sys
  12. Campagne de communication et de soutien financier Le Lama déchaîné
  13. Lettre d'actus
  14. 2026

Dossiers

L'année 2025 a démarré avec un dossier qui nous a mobilisé tout au long de l'année : la défense de la faculté pour les « éditeurs » de logiciel libre de caisse, d'attester eux-mêmes de la conformité de leur solution. Fin 2024, la loi de finances pour 2025 avait acté la suppression de l'« auto-attestation », malgré notre mobilisation, au seul profit de la certification, une procédure lourde et très mal adaptée à la réalité des marchés informatiques et à l'innovation, en particulier pour les logiciels libres et leurs communautés. Nous avons poursuivi notre mobilisation en 2025, d'abord auprès de l'administration fiscale, qui nous a consultés dans le cadre de la mise à jour de la doctrine fiscale, puis lors des travaux sur le projet de loi de Finances pour 2026. Ce texte n'a pas pu être voté avant le 31 décembre 2025, faute d'accord au sein de la commission mixte paritaire, et devrait être repris courant janvier 2026. Il est toutefois à noter que l'Assemblée comme le Sénat se sont exprimés en faveur du rétablissement de l'« auto- attestation ». À suivre donc.

En 2025, l'April a également poursuivi sa vigilance face aux situations de dépendance de certains ministères à Microsoft.
Du côté des ministères sociaux, nous avions appris, en 2024, qu'une dérogation avait été accordée pour autoriser le déploiement de la suite Microsoft Office 365 au sein de leurs services. Suite à notre demande, ces documents administratifs nous ont été communiqués. Leur étude semble confirmer l'absence de stratégie politique globale et une situation dans laquelle Microsoft apparaît encore comme un horizon indépassable.
Côté Éducation nationale, un nouvel Open bar Microsoft témoigne de la même inertie, tout comme la décision de l'École polytechnique de migrer ses services informatiques vers les serveurs de Microsoft. Décision sur laquelle il a été décidé de revenir suite à une importante mobilisation interne à l'école et à des actions comme celle du Conseil National du Logiciel Libre (CNLL).

La dépendance à Microsoft et, plus largement, le sujet de la « souveraineté numérique », ont encore été des sujets institutionnels majeurs au cours de cette année 2025, d'autant plus dans le contexte géopolitique complexe faisant suite à l'élection présidentielle américaine. Un rapport sénatorial sur la commande publique, publié en juillet, et un rapport de la Cour des comptes, publié en octobre, que nous avons analysés, pointent là aussi le besoin d'une stratégie politique claire et ambitieuse en la matière. Dans son rapport, la Cour des comptes rappelle notamment son engagement, datant de début 2025, à évaluer « Le coût des prestations et de licence des outils bureautiques et collaboratifs ».

Dans son rôle de « vigie », l'April a également suivi cette année le projet de loi transposant, notamment, la directive sur la sécurité des réseaux et de l'information 2, dite NIS 2. Un des amendements adoptés en commission, en septembre, fait peser un risque sur celles et ceux qui développent du logiciel libre. En effet, cet amendement a inscrit « les éditeurs de logiciels » dans la liste des « entités essentielles » qui devront respecter des règles particulières établies par l'ANSSI, l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information. Il est intéressant de noter que Anne Le Hénanff, alors rapporteure sur le projet de loi, avait émis un avis défavorable contre cet amendement. Elle avait aussi, début 2024, remis un rapport pointant le « piège Microsoft ». Le 12 octobre 2025, Anne Le Hénanff a été nommée ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique. Les travaux sur le projet de loi devraient reprendre en séance publique à l'Assemblée en janvier 2026. L'April restera mobilisée pour revenir sur cette disposition.

L'April fait toujours partie du Comité d'orientation du label Territoire Numérique Libre et aussi du jury. Cette année, les conditions de candidatures ont évolué. Le « Label » est désormais attribué sur trois niveaux : Bronze, Argent et Or. Un « Badge » est, quant à lui, attribué sur complétion d'un formulaire simplifié de 10 questions, l'objectif étant de permettre aux collectivités, de manière simple, de signaler que le territoire est engagé envers les logiciels libres. L'April félicite l'ensemble des 37 collectivités récompensées en 2025. Elle salue en particulier les communes de Boé et d’Échirolles, ainsi que le Syndicat Morbihan Énergies pour leur obtention d'un label Or, témoignant de leur haut niveau d'engagement en faveur du logiciel libre. Elle complimente également le Parc national des Écrins pour l'obtention des mentions spéciales « Meilleure première candidature » et « Mutualisation », la ville de Colomiers pour la mention spéciale « Sobriété numérique : durabilité des équipements » et Échirolles pour la mention spéciale « Promotion, communication et sensibilisation aux logiciels libres »

Chapril

L'April propose différents services en ligne, libres et loyaux, accessibles à toutes et tous, sur le site Chapril. Le site propose actuellement 15 services, notamment : hébergement de fichiers et plateforme de collaboration ; messagerie instantanée ; audioconférence ; visioconférence ; gestion de bénévolat associatif ; rédaction collaborative en ligne…

L'équipe des bénévoles du Chapril a maintenu tous ces services et a géré les pics de montée en charge. De nouvelles personnes ont rejoint l'équipe des bénévoles du Chapril.

Vous aussi, venez découvrir nos services libres, éthiques et loyaux du Chapril. Testez-les, utilisez-les, parlez-en autour de vous.

Si vous souhaitez participer aux activités du Chapril, vous pouvez vous inscrire sur la liste de discussion.

Émission de radio Libre à vous !

Depuis 2018, nous proposons une émission de radio intitulée Libre à vous ! sur la radio Cause Commune, 91.3 sur la bande FM, en DAB+ en Île-de-France et sur le site web de la radio.

C'est une action importante pour la promotion et la défense des libertés informatiques, notamment parce que cela permet de toucher un très large public. L'émission Libre à vous ! a pour objectifs d'aider les personnes qui écoutent à prendre le contrôle de leurs libertés informatiques, à comprendre les dossiers politiques et juridiques autour du logiciel libre et à suivre l'actualité du logiciel libre. Donner à chacun et chacune, de manière simple et accessible, les clefs pour comprendre tous ces enjeux mais aussi proposer des moyens d’action, telle est l'ambition de notre émission.

L'émission est diffusée en direct le mardi de 15 heures 30 à 17 heures. Les podcasts sont disponibles quelques jours après la diffusion, il est ainsi possible d'écouter l'émission à tout moment. Pour chaque émission, sont mis à disposition le podcast de l'émission complète et un podcast pour chacun des sujets traités dans l'émission. La transcription de l'émission est aussi rapidement disponible.

Libre à vous ! s'est installée comme une émission de référence sur le logiciel libre et les libertés informatiques. L'émission permet d'expliquer les dossiers que traite l’April et de valoriser ses actions. Elle permet également de donner la parole à des personnes et à des structures externes qui sont alors ravies d’avoir un vrai temps de parole radiophonique. Le fait que le studio de la radio soit basé à Paris, que ce soit une émission proposée par l'April, permet d'inviter des responsables politiques à participer à l'émission.

Retrouvez les podcasts et transcriptions des 33 émissions Libre à vous ! diffusées en 2025.

Diffusion sur de nouvelles radios

Depuis 2025, en plus de radio Cigaloun et Radios Libres en Périgord, l'émission est désormais rediffusée sur deux nouvelles radios :

Prix spécial du jury « Les Acteurs du Libre »

En 2025, nous avons eu le plaisir et la fierté de recevoir, lors du salon Open Source Experience 2025 le prix spécial du jury « Les Acteurs du Libre » pour notre émission. Une reconnaissance plus que méritée, dédiée à celles et ceux qui s'investissent depuis des années dans cette action phare de l'association.

Équipe

Plusieurs personnes interviennent régulièrement dans l’émission dans le cadre de chroniques mensuelles. Depuis fin 2024, une nouvelle chronique est proposée : « Le truc que (presque) personne n'a vraiment compris mais qui nous concerne toutes et tous » par Benjamin Bellamy.

Libre à vous ! est un projet collectif qui est rendu possible par l'action de l'équipe salariée et de nombreux bénévoles. Suite à un appel à bénévoles en 2025, deux nouvelles personnes ont rejoint l'équipe qui traite les podcasts.

Radio Cause Commune dans Le Parisien et sur France 3 Île-de-France

En 2025, La radio Cause Commune, qui diffuse Libre à vous !, a fait l'objet d'un reportage publié par Le Parisien et d'un reportage sur France 3 Île-de-France. L'article et le reportage télé sont disponibles sur la page médias de la radio.

Sensibilisation

Le groupe de travail Sensibilisation de l'April a pour objectif de produire des ressources permettant de sensibiliser le grand public aux logiciels libres et aux formats ouverts. Celles-ci sont bien sûr diffusées sous licence libre pour en favoriser l'utilisation, l'adaptation, le partage. En 2025, a notamment vu le jour Libérer - Délivrer, un escape game à cartes ayant pour objectif de faire découvrir les logiciels libres de façon ludique à un large public. À l'origine de cette idée, la volonté de proposer un jeu à l'occasion des Geek Faëries, festival de l'imaginaire rassemblant un public nombreux, curieux et potentiellement sensible à nos enjeux.

Le groupe Sensibilisation peut également être sollicité pour aider à produire des outils de communication présentant les activités de l'association : c'est dans ce cadre qu'il a participé à la création du contenu des 11 numéros de la deuxième édition du Lama déchaîné, la gazette hebdomadaire de l'April publiée en fin d'année 2025. Si vous souhaitez participer aux actions du groupe, vous pouvez vous inscrire à la liste de discussion dédiée.

De nombreuses organisations sont actives dans la promotion du logiciel libre au niveau local en France : groupes d’utilisateurs et utilisatrices de logiciels libres (GULL), centres sociaux et culturels, bibliothèques et médiathèques, « espaces du faire » (fablabs, hackerspaces…), etc. Chaque année, l'April mobilise ces organisations dans le cadre de deux temps forts nationaux :
le Libre en Fête, autour du 20 mars, initiative portée et coordonnée par l'April visant à faire découvrir le logiciel libre et la culture libre à un plus large public ;
la Fête des Possibles, quatre semaines en septembre et octobre, initiative du Collectif pour une Transition citoyenne dont le but est d'amplifier les actions en faveur d'un monde plus durable, juste et solidaire.
En 2025, 165 événements autour du Libre été proposés dans le cadre du Libre en Fête (+ 61 par rapport à 2024) et au moins 44 rendez-vous (soit ~6 % du nombre total d'événements) ont été référencés à l'occasion de la Fête des Possibles (+ 19 par rapport à 2024).

Microsoft avait annoncé la fin du support gratuit de Windows 10 à compter du 14 octobre 2025. Sous la pression de la pétition de l'association HOP, Halte à l'Obsolescence Programmée, le délai de fin a été prolongé d'un an, obligeant les utilisateurs et utilisatrices à de nouvelles contraintes. Pour aider les personnes à se libérer du joug de cette multinationale américaine et à quitter ce système d'exploitation privateur, leur ordinateur étant encore fonctionnel, nous avons lancé l'opération Adieu Windows, bonjour le Libre !, un portail spécifiquement conçu pour recenser des évènements où des bénévoles les accompagneront pour installer un système d'exploitation libre et apprendre à s'en servir.

Association nationale, l'April a la chance de pouvoir compter sur ses adhérentes et adhérents pour participer, avec un stand, à des événements partout en France, et même au-delà. En 2025, nous avons accueilli le public sur pas moins de 16 stands. En plus des manifestations libristes majeures à destination du grand public comme le Capitole du Libre, à Toulouse, et les Journées du Logiciel Libre, à Lyon, chaque année l'association est présente avec un stand à deux importants salons professionnels : l'Open Source Experience à Paris et les Rencontres Professionnelles du Logiciel Libre à Lyon. Notons également une première participation de l'April, avec un stand, à la Place des associations, à Paris-Saclay, à destination des étudiantes et étudiants de CentraleSupélec, au Faire Festival à Toulouse, festival des « espaces du faire » : fablabs, hackespaces…, aux premières Assises Francophones de l'Art Libre à Neuchâtel, à Pas Sage en Steïr à Quimper et au Festival des Réparations à Paris, le but étant de faire connaître les enjeux du logiciel libre et nos actions à des publics variés. Suivez l'actualité de l'association pour savoir si un stand est organisé près de chez vous, et venez nous aider…ou nous faire coucou :).

Côté interventions, plusieurs nouveautés auront marqué 2025 : la présentation des alternatives libres (logiciels, ressources) par Isabella Vanni, salariée, dans le cadre d'un stage à destination du corps professoral organisé par les syndicats SUD éducation 93 et 94 ; la participation de Bookynette, présidente, à la table ronde « Le numérique, c'est politique ! » lors du festival Numérikoff à Malakoff ; l'intervention de Laurent Costy, vice-président, dans le cadre de la Rencontre des solidaires, « Nos démocraties désirables », organisée à Lens par l'APES Hauts-de-France (Acteurs pour une économie solidaire) ; l'interview de Bookynette et de Gee, administrateur, dans le direct Internet que le magazine en ligne Les Numériques a dédié aux Journées Nationales de la Réparation et à la fin de vie de Windows 10 ; la présentation de l'April et du logiciel libre par Françoise Conil, administratrice, au département informatique de l'INSA à Lyon.

Tour des GULL

Soucieuse de renforcer les liens avec la communauté libriste sur le terrain, la présidente de l'April, Magali Garnero, alias Bookynette, a lancé, en 2023, l'opération « Tour des GULL », groupes d'utilisateurs et d'utilisatrices de logiciels libres, pour aller à la rencontre des membres de l'April et des libristes.

Quinze rencontres officielles et deux « hors-série » ont déjà été organisées. Pour les six étapes ayant eu lieu en 2025, de savoureux comptes-rendus ont été publiés: Steir, Lille, Dijon. Les « hors-série » concernent deux voyages à Lyon : Bookynette a participé à MiXiT et aux RPLL, Rencontres Professionnelles du Logiciel Libre..

Interviews April dans le podcast Projets libres !

Walid Nouh du podcast Projets Libres nous a proposé de consacrer plusieurs éditions de son podcast à l'April, son histoire, ses actions.

Deux épisodes ont été publiés :

Le troisième et dernier épisode sera publié prochainement.

Transcriptions

La version texte d’enregistrements audio et de vidéos permet de faciliter leur indexation, leur accessibilité et leur réutilisation, mais aussi de diffuser, de façon plus ample, l’information concernant le logiciel libre et les libertés numériques en général.

En 2025, plus de 150 transcriptions ont été publiées par le groupe Transcriptions, ce qui correspond à environ 135 heures d’enregistrements audio et de vidéos.

Toutes les émissions Libre à vous ! ont été transcrites.

Le site Libre à lire !, dédié à la publication des transcriptions, reçoit chaque mois de nombreuses visites.

Il est dans nos habitudes d’envoyer un message aux personnes dont les propos sont transcrits de leur communiquer la présence de la transcription pour leur permettre de le relire et d’apporter les corrections qu’elles souhaitent, dans le respect de la licence Verbatim, avant sa publication sur le site Libre à lire !, ce que la plupart d’entre elles font.

Réaliser une transcription est un travail collectif. La première étape consiste à obtenir un texte, mais il faut ensuite relire ce texte, corriger orthographe et grammaire, améliorer les tournures de phrase pour permettre une meilleure fluidité à la lecture. Une personne, membre du groupe, relit très régulièrement de nombreuses transcriptions, d’autres le font de façon plus ponctuelle, lorsqu’un sujet particulier les motive. Dernièrement, un étudiant de la licence Ingénierie du logiciel libre, I2L, à l’université de Calais, s’implique particulièrement dans notre groupe, plusieurs transcriptions sont à son actif.

N’hésitez pas à vous inscrire à la liste de discussion du groupe Transcriptions, aucune compétence particulière n’est requise.

Trad-Gnu

Les membres de notre groupe de travail Trad-Gnu assurent la traduction en français des articles de fond publiés sur le site du projet GNU.

En 2025, les membres ont continué, comme par le passé, à traduire les nouveaux articles de fond parus sur le site de GNU, donc deux cette année :

Et ont poursuivi les mises à jour de routine des pages déjà traduites : surtout des ajouts d'exemples à la section « Maliciel » décrivant en quelques lignes les misères que nous font tel ou tel logiciel privateur, appli ou appareil connecté. Cette section existe depuis 2013 et, actuellement, elle contient environ 650 exemples.

Le gros du travail est en fait la traduction du Free Software Supporter (bulletin mensuel donnant les dernières nouvelles concernant la Free Software Foundation et de GNU), ainsi que des argumentaires publiés par la FSF à l'occasion des campagnes semestrielles d'adhésion et le communiqué de presse pour annoncer le hackathon FSF40. Ces traductions sont faites de manière collaborative. En général, nous nous fixons rendez-vous sur un bloc-notes en ligne, ce qui est beaucoup plus convivial et efficace que de traduire chacun de son côté.

Si vous souhaitez participer à ces traductions, vous pouvez vous inscrire à la liste de discussion de Trad-Gnu.

Agenda du Libre

L'Agenda du Libre propose un calendrier des manifestations organisées autour du logiciel libre en France, ainsi qu'un annuaire d'organisations. En 2025, nous avons ajouté une nouvelle fonction d'inscription. Il est désormais possible de créer un évènement avec inscription de personnes participantes, sans login ni mot de passe.

Revue de presse

La revue de presse, publiée presque chaque semaine, fait partie du travail de veille mené par l'April dans le cadre de son action de défense et de promotion du logiciel libre. Les positions exposées dans les articles sont celles de leurs auteurs ou autrices et ne rejoignent pas forcément celles de l'April. Pour 2025, on compte 325 publications d'articles de presse.

Admin sys

Le groupe de travail Admin sys a pour but de fournir et de gérer l'infrastructure technique des serveurs et postes de travail de l'April. Au cours de l'année, les activités de routine a continué, redémarrages et mises à jour des différents services. La principale action a consisté en une étude de solutions possibles en vue du changement d'infrastructure pour dépoussiérer les serveurs principaux de l'April qui commençaient à saturer. Ainsi, en 2025, deux nouveaux serveurs ont été installés pour remplacer les anciens serveurs. L'équipe en a profité pour migrer les machine virtuelles et les serveurs physiques vers Trixie, la nouvelle version stable de Debian.

Suite à l'explosion du coût des noms de domaine internet chez Gandi, l'équipe a commencé à migrer nos domaines (une trentaine) chez un nouvel registraire de noms de domaine (Online).

L'année a été perturbée par la lutte contre le spam provoqué par des robots, notamment des robots d'IA.

Campagne de communication et de soutien financier Le Lama déchaîné

Depuis trois ans, la situation financière de l'April n’est plus à l’équilibre. Les restrictions budgétaires des collectivités, la baisse du chiffre d’affaires d’entreprises, l’érosion des membres physiques font que, en cette année 2025, l’association a besoin de 30 000€ pour finir sereinement l’année. C’est pourquoi la campagne de soutien financier, Le Lama déchaîné a été relancée. Une gazette pour présenter, à travers 10 éditions hebdomadaires, du 15 octobre au 23 décembre, les différentes actions menées par l’association durant toutes ses années de service.

Une gazette pour :

  • encore mieux faire connaître nos actions, avec des rubriques sérieuses, d'autres drôles, et des mots-croisés
  • rappeler que nous avons besoin de soutien financier pour continuer à agir librement

L'objectif financier fixé était de 30 000 euros. Grâce aux très nombreuses personnes qui ont adhéré ou fait un don, la somme de 22 000 euros a été atteinte. Immenses remerciements aux nouvelles personnes membres, à celles qui ont fait des dons et à celles qui ont relayé la campagne.

Vous pouvez consulter l'intégralité des 11 numéros, eh oui, un numéro bonus a été publié ! Nous espérons que cette campagne, que nous avons souhaitée aussi intéressante qu'amusante, a satisfait vos attentes.

Lettre d'actus

Ce présent résumé ne liste pas l'ensemble de nos actions. Le rapport d'activité complet, concernant l'année 2024, sera publié dans quelques semaines. En attendant, vous pouvez retrouver toutes nos actions dans nos lettres d'information. N'hésitez pas à vous abonner afin de recevoir, chaque début de mois, dans votre boîte de réception, l'essentiel de nos actions en cours et à venir.

2026

En 2026, nous continuerons de mener nos actions de sensibilisation avec énergie et détermination. Il est plus que jamais nécessaire de faire connaître les enjeux du Libre et d’encourager la mise en place d'une politique publique en faveur du logiciel libre et des formats ouverts. Nous redoublerons de vigilance pour dénoncer et pour empêcher, autant que faire se peut, toute nouvelle atteinte au logiciel libre et aux libertés informatiques, pour garantir la sécurité du développement du logiciel libre.

Un grand merci aux membres de l'April, à l'équipe salariée, à nos soutiens qui nous permettent d'avoir une association vivante et active pour la promotion et la défense du logiciel Libre.

L'April sera ce que vous et nous en ferons. Pour mener ses actions, l'April a besoin de votre soutien. Vous pouvez soutenir le logiciel libre et les actions de l'April en faisant un don maintenant ou en adhérant à l'April.

.

La prochaine assemblée générale (AG) de l'April aura lieu samedi 28 mars 2026, après-midi, à la Faculté des Sciences et Ingénierie, 4 place Jussieu 75005, Paris, avec diffusion vidéo. L'AG est réservée aux membres de l'April. Le matin, un temps de conférences éclairs est prévu, ouvert à toute personne, membre ou pas de l'April, de 10 heures à 12 heures.

En dehors du temps fort du bilan financier, de l'analyse des comptes de charges et de produits, il est vrai qu’on pourrait s’attendre à s’ennuyer ferme lors d’une AG. Peut-être est-ce d’ailleurs le cas dans d’autres assos.

Mais à l’April, on sait se marrer. En atteste ce reportage photo, approximativement véridique, de la dernière AG de l’April, le 15 mars 2025.

Ensemble, continuons à développer une informatique libre.

LinuxFr

AuX sources du fun N° 1 : retrouver le fun dans les inutilitaires graphiques


Internet
Publié le
vendredi 09 janvier 2026 10h02
Importé le
vendredi 09 janvier 2026 13h03

Après un épisode 000 sur les logiciels inutiles et donc indispensables autour de l'ASCII art, cette dépêche entre dans la fin du XX° siècle avec les inutilitaires ayant des interfaces graphiques.

Sommaire

Introduction : poétique de l’inutile et regard de Xeyes

En ce passage vers une nouvelle année, c’est l’occasion d’inviter à de nouveaux regards, notamment à travers les inutilitaires avec interface graphique dans le domaine du libre, de la même manière que l’interface graphique a étendu leurs possibilités. Il s’agit d’une revisite de ces logiciels qui ont marqué, qui constituent les traces de l’histoire informatique et qui ouvrent à une perception renouvelée, traversés par des souffles multiples, à la fois historiques, poétiques, ludiques et philosophiques, et étendus dans le village global de 2026. Ainsi, nous les aborderons sous ces différentes modalités, à l’aune de ces différentes lumières.

Pour inviter à porter ce regard sur ces angles multiples, nous présenterons les inutilitaires graphiques dans une perspective plurielle, à la fois ludique, poétique et philosophique. En effet, ces équivalents dotés d’une interface graphique (GUI) de leurs homologues en ASCII ART, loin de toute logique de consommation, offrent un espace où le regard peut vagabonder, où l’expérience naît aussi de l’inattendu et de la contemplation. Ce changement de point de vue se manifeste notamment dans des exemples comme le petit programme Xeyes. Aussi inutile soit-il, il est installé par défaut dans la plupart des distributions : il se contente d’afficher des yeux qui suivent la souris, participant ainsi, à son échelle, au déplacement de la perception dans le logiciel libre. Il ne s’agit pas d’affirmer que Xeyes est intrinsèquement dépourvu d’usages utiles possibles, mais de le considérer ici dans une poétique du just for fun à l’instar de Linus Torvalds qui proclamait à Amsterdam que « The most important design issue… is the fact that Linux is supposed to be fun… ». Ainsi Xeyes est vu comme un objet ludique et réflexif, en outre sa page de manuel elle-même adopte un ton d’humour noir explicite : « Xeyes watches what you do and reports to the Boss. »

Bien entendu, Xeyes ne contient aucune backdoor destinée à transmettre des données à un quelconque supérieur — d’où son inutilité revendiquée (OUF). Avec le recul, on pourrait néanmoins y voir une préfiguration ironique des révélations de Snowden, infiniment plus utiles, quant à elles, pour dénoncer des pratiques bien réelles de surveillance. Là où Xeyes se contente d’en proposer une parodie, il rappelle, par le jeu et le décalage, que le logiciel libre sait aussi penser le regard et l’interface autrement que sous l’angle de l’efficacité, participant ainsi, à sa façon, à cette autre poétique. Les yeux malicieux de Xeyes ont aussi été transportés sur d'autres OS

De cette contemplation découle également une autre réflexion. Dans son essai « Sauvons le Beau : L’esthétique à l’ère numérique », le philosopheByung-Chul Han (Pyŏng-ch’ŏl Han 한병전) regarde le monde d’aujourd’hui, saturé d’images lisses et parfaites, façonnées par un productivisme qui aplanit l’expérience personnelle. Tout est policé, séduisant, immédiatement consommable, mais dépourvu de profondeur. L’expérience esthétique se consomme comme un fruit sans chair, et le regard se laisse séduire sans se laisser transformer.

À travers Jeff Koons et le corps pornographié, il montre que l’expérience esthétique perd sa rugosité, son mystère, sa personnalisation et sa capacité à surprendre et à bouleverser. Elle devient un reflet étincelant dont l’intérieur sonne creux. Face à cet appauvrissement, Han appelle à se tourner vers l’altérité. Il invite à arracher l’individu à son narcissisme, à le détourner du miroir aux alouettes trop lisse, mais qui ne renvoie qu’une image vide. Voir l’altérité, c’est ramener le spectateur hors de lui-même, le confronter à une expérience esthétique qui change son regard, née de l’inattendu, de la divergence, de ce qui déstabilise. Dans cette rencontre, l’expérience esthétique cesse d’être un simple objet de consommation et redevient un souffle qui questionne, qui surprend et qui bouleverse.

Cette attention au surprenant trouve un écho pour le moins inattendu dans le monde du logiciel libre. Dans The Cathedral and the Bazaar, Eric S. Raymond écrit : « Every good work of software starts by scratching a developer’s personal itch. » Ainsi, chaque programme, chaque création naît d’un désir ou d’un besoin vécu, d’une singularité que l’on cherche à exprimer et à explorer. Ensuite, il ajoute également : « The next best thing to having good ideas is recognizing good ideas from your users. Sometimes the latter is better. » Parfois, ce n’est pas l’idée initiale, mais la rencontre avec ce qui vient d’ailleurs, qui enrichit et change la perception. Le logiciel libre, via la rencontre avec l’altérité et de par ses pratiques open source, amènent une approche mêlant une esthétique de la participation, qui constitue une proposition à la critique esthétique d’Han, laquelle, de manière tout à fait surprenante, s’incarne dans le processus de participation à travers le projet libre Gource, intégrant l’approche décrite par Eric S. Raymond et une esthétique du libre dans une danse poétique lumineuse sous forme de constellation spatiale globale.

Entre Xeyes et Gource s’étale une certaine diversité d’inutilitaires que nous parcourons comme une mini-rétrospective, mêlant parfois la grande histoire de l’actualité informatique avec la petite histoire des inutilitaires, souvent inattendue, encourageante, conviviale et poétique. De cette mosaïque émergeront certaines réflexions sur les inutilitaires sous forme d’abandonware, notamment à travers « le voyage de Necko et la retraite de Kodo ». Ces réflexions sont aussi l’occasion de redécouvrir des inutilitaires abandonnés à explorer, véritables parties prenantes de la grande aventure du logiciel libre, de son processus participatif en open source et de son invitation à une ouverture d’esprit et du code.

Les décoratifs graphiques

Xjokes

MxIco

Xtacy

Cette quête de l’émerveillement et de la profondeur, au cœur du quotidien hypermoderne, nous mène aussi vers un autre temps, hors de l’aliénante productivité : celui d’un second Han, l’ermite Han Shan 寒山, sur les monts froids de la Chine des Mings. Là, dans la solitude et l’oisiveté attentive, l’expérience ne se cherche pas, elle advient. La légende dit que ses poèmes surgissaient sur les murs, les rochers, les arbres. Poète ch’an, ancêtre du zen japonais, Han Shan demeurait sous les pins, au bord d’un torrent, oublieux de lui-même, contemplant un papillon sans savoir s’il rêvait le papillon ou si le papillon le rêvait, comme chez Zhuang Zi. Puis, puis, dans un élan soudain, il grave quelques vers dans la pierre et s’en retourne en riant vers son ermitage comme tout maitre ch’an , énigmatique et joyeux.

une fois à Han Shan les dix mille affaires cessent plus aucune pensée fugace ne s’accroche au cœur oisif, sur un rocher j’inscris des poèmes, accordé au flux, comme une barque sans amarre.

寒山詩

一住寒山萬事休
更無雜念掛心頭
閑書石壁題詩句
任運還同不繫舟

Dans le logiciel libre, Xjokes se fait l’écho de cette suspension de l’utilité. Ainsi, un trou noir engloutit l’écran, des figures clignent de l’œil, l’écran peut disparaître tout entier. Comme le Boing Ball de l’Amiga ou MxIco fait tourner de simples polyèdres , ces logiciels laissent le regard vagabonder. Oisifs, ces logiciels offrent un espace où le temps semble suspendu, accordé au flux du geste, comme un souffle qui traverse l’espace simplement.

Un autre poète inconnu sous Xtacy (ecstasy) écrira lui aussi sur le même thème :

Retrouve dans ta tête Ton âme de poète Souviens-toi comme c´est chouette La parfum des violettes Un soir de pâquerettes

Ainsi Xtacy le fera chanter avec ses couleurs changeantes, ses fractales, ses quadrilatères rebondissants et ses vagues sinusoïdales décalées, invite au vertige .

Les animaux virtuels et autres éléments virtuels de companies

gkrellm-bfm

Ce programme de monitoring dispose d'un canard qui sert… de compagnon?
Un plugin de monitoring de charge pour GKrellM, inspiré de wmfishtime et bubblemon. Il met en scène des poissons pour illustrer le trafic réseau, des bulles pour l’utilisation du processeur et un canard… pour représenter un canard.

Xteddy

Xteddy, en tant qu’inutilitaire, a eu des usages inattendus, allant bien au‑delà de sa fonction de simple peluche virtuelle de premier abord.L’auteur originel de Xteddy, Stefan Gustavson, raconte sur le site archivé :

« I created Xteddy way back in 1994 as a spare time hack for fun. The reception I got from my colleagues was so heart-warming I was encouraged to distribute him world-wide. Much to my surprise, the response was overwhelming. By now, I have received hundreds of friendly messages of appreciation from all over the world, and they keep dropping in even this long after the release. To all of you teddy bear lovers out there: thanks! »

Ce simple projet ludique, conçu pour le plaisir, a rapidement touché et fédéré une communauté internationale. Un utilisateur raconte sur le site xteddy.org :

« Ever since I found out about the Xteddy Unix program, I ran it on my workstations when I was doing my University assignments, as it helped me think. »

Pour certains utilisateurs, dont celui qui a partagé son expérience et mis a disposition le site Xteddy.org, Xteddy a eu un impact bien au‑delà du divertissement : il a servi de soutien émotionnel et d’aide à la réflexion, apportant réconfort et motivation dans des périodes marquées par l’anxiété sociale ou les troubles paniques. Touché par l’influence positive de ce logiciel, cet utilisateur a pris contact et a ensuite créé le site xteddy.org, à la fois espace de témoignage personnel et lieu de mémoire pour la communauté.

« I still get feedback at least once a year thanking me for what I’ve written here, so it > shall remain. I hope others find this interesting and helpful. »

Son engagement s’inscrit également dans une démarche plus large de contribution au logiciel libre, puisqu’il participe activement à divers projets open source, prolongeant ainsi l’esprit collaboratif et de soutien qui entoure Xteddy.
Aujourd’hui, bien que le site de l’auteur original ne soit plus accessible, l’héritage de ce programme se perpétue grâce aux nombreuses distributions

XSnow

La neige, avec son blanc immaculé et sa douceur fragile, a inspiré le poète coréen Kim Sowol dans son célèbre poème 눈 오는 저녁 (Snowy Evening). Comme lui, certains pensent à leur amour lointain en observant la neige tomber, tandis que d’autres n’ont pas eu la chance de voir le Père Noël. Cette neige qui s’éparpille au vent mais ne fond qu’au contact des flammes rappelle la fragilité et la profondeur du cœur humain. Aujourd’hui, même ceux qui n’ont pas la chance de contempler la neige réelle peuvent retrouver cette magie grâce à XSnow, un programme qui fait tomber la neige virtuelle sur le bureau, recréant une mini ambiance hivernale dans le silence d’un monde immobile. Sous le ciel pâle, les pensées s’immobilisent, lentes et blanches, tandis que la nuit écoute le pas léger de l’hiver, et que la neige continue de transformer le quotidien en souvenir poétique, et observer par intermittence le traineau du Père Noël defiler sur son ecran. Un classique qui ajoute une touche de fraîcheur aux sessions de travail.

XPenguins : La Marche des Rêveurs Polaires

Dans le paysage immaculé de votre écran, là où ne règnent que l'ordre et la logique, une troupe inattendue fait son apparition. XPenguins, œuvre de l'esprit créatif de Robin Hogan, est une douce folie, un souffle d'air vif des terres australes. Inspirés des graphismes espiègles du jeu Pingus, ces petits pingouins pixelisés arpentent l'impossible. Ils cheminent le long des précipices de vos fenêtres, se faufilent entre les barres de menus comme entre des séracs de glace, transformant votre bureau en un iceberg numérique où règne une joyeuse absurdité. Ils défilent, pattent, courts et déterminés, dans une marche tranquille et hypnotique, offrant un ballet burlesque contre la rigueur austère de l'interface. Mais leur magie ne s'arrête pas aux confins de votre moniteur. Avec un clin d’œil à XBill, il se poursuit dans le jeu Pingus.

Doggo

Doggo est une IA de chien, développée en Python avec Pygame. Le chien se déplace aléatoirement sur l’écran, change de direction et d’état, et sa couleur de pelage varie de manière aléatoire. Les changements d’état suivent une chaîne de Markov. Ce projet est né de l’envie d’un collègue de l’auteur, qui ne pouvait pas avoir de chien, de créer un compagnon virtuel tout en explorant les chaînes de Markov.

Xroach

Xroach est un jeu classique qui consiste à afficher des cafards répugnants sur votre fenêtre principale. Ces petites créatures se déplacent frénétiquement jusqu'à trouver une fenêtre sous laquelle se cacher. À chaque fois que vous déplacez ou réduisez une fenêtre, les cafards se précipitent à nouveau pour se mettre à l'abri.

Xfishtank

Un vieil étang (haïku)

Un vieil étang
Une grenouille saute
Des sons d’eau

Aussi bref que ce célèbre haïku de Matsuo Bashō, et rapide qu’un « plouf » dans l’étang, Xfishtank nous transporte directement devant un aquarium où l’on peut contempler la diversité de la faune et de la flore marines, comme on contemple le poème de Bashō.

Les inutilitaires liés à l’actualité et à l’histoire de l’informatique

Est-ce que Windows est un virus ? XBill

Dans les années 1990, le procès USA Department of Justice (DOJ) vs Microsoft a largement dominé les médias, révélant au grand public les pratiques monopolistiques jugées déloyales de diffusion du système d’exploitation de la firme de Redmond sur les marchés mondiaux. L’accord conclu entre Microsoft et le DOJ n’ayant pas été respecté, de nouvelles poursuites ont été engagées. Ces événements ont nourri les réflexions des autorités européennes de la concurrence et préparé le terrain pour le futur procès contre Microsoft, qui interviendra plus tard, dans les années 2000, au sein de l’Union européenne.

Le mini-jeu XBill, créé dans ces années 1990, illustre ces pratiques de diffusion de manière caricaturale et a suscité des réflexions humoristiques sur une question récurrente : Microsoft Windows n’est-il pas un virus finalement ?

Ainsi, le livre PC GAGS, qui réunit les perles humoristiques de l’époque frappant les plateformes MS-DOS, Windows 3.1 et Windows 95, nous donne à voir cet état d’esprit décalé.

“ Une rumeur persistante circule dans les milieux informatiques, selon laquelle Windows lui-même ne serait rien d’autre qu'un virus plus ou moins bien camouflé (leitmotiv : pour les uns, c’est un système d’exploitation, pour les autres, c’est le plus long virus du monde).

Quelques spécialistes d’Internet ont examiné à la loupe cette théorie. Voici leurs conclusions :
1. Les virus se répandent rapidement. Okay, Windows en fait autant
2. Les virus consomment de précieuses ressources du système et ralen­tissent ainsi le travail de l’ordinateur. Okay, Windows fait la même chose.
3. Les virus anéantissent parfois le disque dur. Okay, Windows est également connu par certains utilisateurs comme se livrant à ce genre d'exaction.
4. Les virus sont souvent glissés dans un ensemble de programmes utiles sans que l’utilisateur le sache, ou bien sont transmis directement avec l’ordinateur. Okay, Windows se propage également de cette manière.
5. Les virus sont parfois responsables de ce que l’utilisateur trouve son système trop lent et s’en achète un autre. Okay, cela arrive aussi avec Windows.
Jusqu’ici, il semble bien que Windows soit effectivement un virus !

Mais il existe trois différences fondamentales :
1. Les virus fonctionnent sur presque tous les ordinateurs.
2. Leur programmation est efficace et leur taille petite.
3. Plus ils se développent, plus ils font des progrès.
Windows ne satisfaisant pas à ces conditions de base, il faut se rendre l’évidence : Windows n’est pas un virus ! ”

Dans ce contexte, XBill s’inspire de cette critique pour caricaturer la propension de Bill Gates à installer Windows partout. Cette caricature interactive montre, d’une part, le CEO de Microsoft, qui installe Windows sur tous les ordinateurs qu’il rencontre, et, d’autre part, Windows lui-même se répandre via les réseaux se multiplier à l’instar d’un virus informatique, infectant les ordinateurs et supprimant les autres systèmes d’exploitation et en s y installant confortablement à leurs places.

XLennart

Une version dérivée de ce jeu, XLennart, reprend le concept pour caricaturer la controverse autour de Lennart et son init, en montrant son installation remplaçant tous les init des autres systèmes sur les machines Unix-like, poursuivant ainsi l’esprit satirique de XBill appliqué à l’univers des systèmes libres. (N.D.R. : pour éviter de nourrir les trolls, on constate l’existence de cet inutilitaire sans prendre position sur la question de fond.)

X026 : l’héritage des cartes perforées Hollerith

Bien avant les claviers et les écrans, l’informatique reposait sur des cartes perforées Hollerith, inventées à la fin du XIXᵉ siècle par Herman Hollerith. D’abord utilisées pour accélérer le recensement américain de 1890, elles sont devenues pendant des décennies le support central du stockage des données et des programmes. Dans les années 1950 à 1970, des machines comme le poinçon IBM 026 permettaient de transformer texte et chiffres en trous soigneusement alignés sur des cartes de 80 colonnes. Chaque caractère était codé en BCD-H, un système directement lisible par les ordinateurs de l’époque. Programmer en FORTRAN signifiait alors saisir chaque ligne sur une carte distincte : la moindre erreur impliquait de refaire la carte au format binaire BCD, ce qui imposait une grande rigueur. Le langage herita de ces syntaxes et exigeait ses règles strictes à cause du support physique : colonnes, indentation, numéros de lignes… bref, le code avait autant de contraintes que les joueurs de Tetris les plus acharnés !

L’émulateur X026 redonne vie à cette pratique. En simulant fidèlement l’IBM 026, il permet d’expérimenter concrètement la lenteur, la précision et la discipline qu’exigeait la saisie des données à l’ère des cartes perforées. Plus qu’un simple outil, X026 est une plongée dans l’histoire de l’informatique.

Xabacus

Xabacus est un émulateur de boulier qui illustre les origines du calcul manuel. Il complète bien des inutilitaires comme X026 en experimentant avec ce qui existait avant même l’ère des cartes perforées. Il reproduit le fonctionnement d’un boulier (souvent de type chinois suanpan 算盤 ou japonais soroban 算盤(そろばん) .

Assistant virtuel

Les assistants virtuels sont des personnages qui sont l'équivalent humain ou anthropomorphe des animaux virtuels et qui ont soit une fonction esthétique, soit parfois une fonction anecdotique.

Macopix

MaCoPiX (Mascot Constructive Pilot for X) est l'application de mascottes ultime pour les systèmes UNIX et X Window. Vous pouvez y créer des petites créatures qui se posent sur vos fenêtres, des mascottes fixes qui s'installent confortablement sur votre bureau, et même des mascottes horloges pour vous tenir compagnie tout en affichant l'heure. De quoi rendre votre bureau un peu plus vivant et amusant !

XClock Cat

Issu d’un imaginaire ancien du chat souriant, malicieux et légèrement surréaliste, popularisé dès 1865 par Lewis Carroll avec le Chat du Cheshire dans Alice au pays des merveilles, puis codifié visuellement par l’animation et le design américains des années 1920–1930 (grands yeux expressifs, sourire exagéré, animation souple de type rubber hose), cet archétype trouve une incarnation emblématique avec le Kit-Cat Klock au début des années 1930, célèbre horloge animée aux yeux roulants et à la queue oscillante, avant d’être réinterprété par Disney en 1951 dans Alice in Wonderland ; c’est dans cette continuité culturelle et graphique que s’inscrit Xclock catclock, une variante à base de motifs (motif-based) du programme xclock du X Window System, développée à la fin des années 1980 par des ingénieurs issus du MIT, de DEC, de BBN et de l’université de Berkeley, et remise en ligne sur GitHub à l’occasion du 30ᵉ anniversaire de X10 : cette version ajoute un mode animant yeux et queue à l’écran avec une option de suivi du tempo musical permettant de synchroniser les mouvements du chat avec la musique, Ce chat de Cheshire des temps moderne illustre la rencontre entre histoire de l’informatique, culture visuelle du cartoon et design ludique rétro.

Viguor : le Clippy qui agace… encore plus que Clippy

Pour ceux qui ont connu la torture du traitement de texte Microsoft Word et de son assistant Clippy dans les années 90, Viguor, sur le ton de l’humour noir, permet de retrouver cette expérience frustrante… mais en pire. Cette caricature de l’assistant agaçant n’a qu’un seul objectif : vous faire sourire… ou doucement sombrer dans le désespoir numérique. Bien sûr, il vous demandera ironiquement de signer un impossible EULA/CLUF avant d’interagir avec lui.

KDE Amor

Amor est une interface permettant de gérer des animations virtuelles sous KDE. Cette application permet d'interagir avec différents personnages de bureau, ajoutant un peu de vie et d’interactivité à l’environnement de travail. Le store KDE fournie de nouvelles versions en ligne

Les écrans de veille : XScreensaver

Dans les temps anciens, lorsque les écrans affichaient une image fixe trop longtemps, ils pouvaient être endommagés par un phénomène appelé combustion interne du phosphore. Pour prévenir ce problème, des utilitaires appelés « économiseurs d'écran » ont été créés. Bien que cette fonction soit aujourd'hui obsolète, les écrans de veille sont devenus des artefacts artistiques en soi, souvent appréciés pour leur côté créatif. Aujourd'hui, tous les bons environnements de bureau en proposent, tandis que les mauvais ont tendance à les retirer de leur offre.

Ainsi, malgré leur origine pratique, les économiseurs d’écran ont évolué et continuent d’offrir une valeur ajoutée au-delà de leur utilité initiale. C’est précisément dans ce contexte que XScreenSaver s'inscrit comme un exemple parfait de réinvention. En 2022, il a célébré son trentième anniversaire, prouvant qu'un bon logiciel peut traverser le temps et les générations. Lancé en 1992, il est rapidement devenu un incontournable pour les systèmes Linux et Unix utilisant le système de fenêtres X11. En plus de proposer une vaste collection d’économiseurs d’écran, XScreenSaver devient une sorte de musée de l’informatique montrant les screensaver les plus vieux (comme la boule rouge et blanche d’Amiga) jusqu’aux effets de demos récentes, offrant une rétrospective de ce qui s'est fait aux différents âges de l’informatique. En somme, XScreenSaver est bien plus qu’une simple collection d’écrans de veille : c’est une courte contemplation, rétrospective esthétique de l’évolution de l’informatique comme peinture animée.

Les inutilitaires de « Passage »

Les inutilitaires suivants nous permettent de percevoir le passage, la spatialité et la transition entre les espaces et dimensions sous des angles multiples.

Passage du pixel art au jeu poétique

Poète symboliste influencé par Verlaine et Rimbaud, Antonio Machado privilégie la suggestion, le souffle du rythme et l’émotion intérieure plutôt que la description réaliste. Cette sensibilité se retrouve aussi dans Passage, qui n’est pas un simple jeu libre mais un jeu-art à forte dimension poétique. Comme dans la poésie symboliste, le sens n’est jamais donné explicitement : il se construit à travers des images simples, presque abstraites, et une atmosphère mélancolique. Le pixel art, volontairement épuré, agit comme un symbole, à l’image des paysages intérieurs de Machado, où le temps, le souvenir et le chemin de la vie sont suggérés plus que racontés. À la manière d’Antonio Machado, qui cherchaient à « faire sentir » plutôt qu’à expliquer, Passage invite le joueur à une expérience sensorielle et méditative, proche d’un poème visuel en mouvement.

Divulgachage / Spoiler Alert / Des vidéos de spoiler de Passage existent sur YouTube, mais nous ne vous déconseillons de les regarder avant d’y jouer. Comme dans la poésie symboliste d’Antonio Machado, le sens de l’œuvre naît de l’expérience personnelle et de la découverte progressive. Regarder le jeu à l’avance enlèverait une grande partie de son impact émotionnel, car Passage repose sur la surprise, le temps vécu et l’interprétation intime. À l’image d’un poème que l’on doit lire et ressentir soi-même, ce jeu-art ne se comprend pleinement qu’en étant parcouru, pas observé de l’extérieur

Du réalisme logiciel au réalisme magique… en labyrinthe

XEarth, XMountains et XWorld

Dans la cité-monde numérique, XEarth, XMountains et XWorld, véritables ancêtres de Google Earth et OpenStreetMap, incarnent une approche réaliste de l’exploration. XEarth reproduit la topographie et les climats d’une planète tangible, XMountains offre des chaînes de reliefs et de vallées à arpenter, et XWorld articule ces espaces en un réseau interconnecté reflétant un village global cohérent. Dans ces univers, la navigation est ordonnée et structurée : chaque élément a sa place, chaque espace peut être cartographié et compris, malgré leur grandeur presque infinie, rappelant la logique combinatoire finie mais immense décrite dans la Bibliothèque de Babel de Borges. Ces environnements offrent une immersion classique, vue extérieure, où l’utilisateur agit comme un arpenteur rationnel dans un monde cartographié et cohérent.

FSV2 et GopherVR

Dans FSV2 et GopherVR, chaque déplacement transforme l’espace en un labyrinthe vivant. En parcourant répertoires et sites, l’utilisateur croise des chemins qui se multiplient, se bifurquent et se recroisent, révélant des angles inattendus et des perspectives surprenantes à chaque pas. On ne se contente plus de « voir » : on ressent l’infini et l’ordre simultanément, chaque choix de parcours offrant un condensé d’informations et de points de vue au-delà de la perception 2D habituelle. Explorer ses fichiers dans FSV2 devient un acte poétique et intellectuel, presque rituel. GopherVR, quant à lui, transforme l’accès à la base de données en une exploration tridimensionnelle digne du Gibson dans le film Hackers

Pour ceux qui souhaitent une simulation du voyage dans le Gibson, XScreenSaver, cité précédemment, en offre cette expérience immersive. Comme dans La Demeure d’Astérion, chaque couloir, chaque recoin est à la fois familier et mystérieux, invitant l’utilisateur à se perdre pour mieux se retrouver, à savourer la surprise de chaque bifurcation et à redécouvrir l’ordinateur comme un espace à la fois tangible et imaginaire.

Le voyage de Neko et la retraite de Kodo

Réflexion sur les inutilitaires en tant qu’abandonwares libres et sur ceux sans équivalents libres

Dans notre exploration des inutilitaires graphiques libres, nous avons remarqué un contraste frappant entre deux situations. Cela nous a conduits à une réflexion sur le rapport entre abandonware et logiciel libre, que nous appellerons « le voyage de Neko et la retraite de Kodo », comme un conte philosophique oriental illustrant certains paradoxes numériques.

Le voyage de Neko

Il hante nos écrans d’un pas de velours numérique, ce petit chat blanc échappé des brumes des années 80. Neko… Son nom, qui signifie simplement « chat » en japonais, est bien plus qu’un mot : c’est une présence tranquille dans le paysage froid de la machine. Ce félin graphique est né sur les NEC PC-9801 en 1988 par Naoshi Watanabe (若田部 直), un programme propriétaire mais doté d’une grâce qui franchirait les décennies. Il a été le compagnon discret de nos révolutions numériques, suivant la danse des curseurs à travers les âges du silicium. Son ballet est hypnotique : il poursuit le pointeur avec la grâce d’un félin mythique, s’arrête parfois pour une pause, s’enroule sur lui-même, et succombe à un sommeil paisible, un sphinx pixelisé attendant le prochain mouvement.

  • 1989 : Sur Macintosh, Neko devient un accessoire de bureau signé Kenji Gotoh, toujours propriétaire mais distribué gratuitement, avec ses fameuses animations de sommeil.

  • Années 90 : Il parcourt Windows 3.x (WNEKO et Neko Runs Free), IBM OS/2 et NEXTSTEP, restant à chaque fois propriétaire et distribué, mais non modifiable.

  • 1991 (System 7) : Sur Mac, la version System 7 permet de modifier le pointeur avec divers jouets pour chat, ajoutant un charme ludique aux interactions.

  • 1991 (Xneko) : Masayuki Koba (古場正行) réécrit Neko pour Unix/X11, lui donnant la liberté du code. Il devient alors un logiciel libre, partageable et modifiable.

  • Toujours em 1991 : Oneko par Tatsuya Kato transpose Xneko sur Linux et BSD, introduisant d’autres animaux. Son esprit libre pénètre les jardins de GNU/Linux

  • 1997 : Sur Amiga, Neko devient Ameko, adaptation freeware mais sans code source ouvert. Pas encore de port pour Aros. Fin des années 90, un port fermé existe pour BeOS (Replicat).

  • Des années 2000 à aujourd’hui : Neko continue de danser sur nos écrans, que ce soit dans Tux Paint. On le retrouve notamment avec Neko on Desktop (Mac, 2000), webneko en JavaScript (2004), Neko in Java (2010), une version tactile sur Arduino (2010), Neko x64 pour Windows (2010) et enfin sur Android via le repot libre F-Droid avec Aneko

Ainsi, le voyage de Neko s’écrit des contrées privatives aux archipels du libre : un petit chat de pixels, doux fantôme du passé, qui rappelle que la magie réside parfois dans les choses les plus simples.
Cependant, ce voyage soulève une question : combien d’autres fantômes numériques, d’inutilitaires propriétaires, sont restés prisonniers de leurs époques et de systèmes fermés, incapables de franchir le miroir ? De nombreux petits programmes sur Amiga, Atari ST,Amstrad CPC, OS/2, Acorn, Sinclair QL, Commodore 64, ZxSpectrum, MS-DOS, DR DOS Windows 3.1 Windows 95 et toutes les familles Unix proprietaires… ont disparu avec les systèmes d’exploitation qui les portaient, abandonnés à jamais.

La retraite de Kodo

En parallèle, on trouve Kodo ou Kodometer, né libre mais ayant connu un retrait de parcours.Kodomètre était une application KDE qui mesurait la distance parcourue par le curseur de la souris sur le bureau. Son interface imitait un compteur kilométrique et permettait de suivre la distance totale ainsi que des trajets précis, en unités métriques ou américaines.À l’origine basé sur le programme VMS/Motif Xodometer de Mark H. Granoff, il a été porté vers KDE/C++ par Armen Nakashian, qui l’a découvert sur le bureau d’un collègue. L’application restait surtout ludique, permettant d’observer ses habitudes d’utilisation. Avec le temps, Kodomètre a été abandonné : il ne figurait plus dans les paquets KDE.

Abandonware et logiciel libre : fragilité des inutilitaires

Ainsi, certains inutilitaires propriétaires ont été définitivement abandonnés, tandis que d’autres, semblent glisser progressivement vers ce statut. D’autres encore n’ont jamais franchi « l’autre côté du miroir », à l’image du voyage de Neko, c’est-à-dire le passage d’un modèle propriétaire vers une version libre. Bien que cela n’altère pas leur valeur ludique, artistique ou philosophique, cela compromet leur avenir : privés de sources accessibles, ils perdent toute possibilité d’évolution et de renouvellement. Pour ceux qui ne sont pas passés de l’autre côté du miroir, l’émulation ou la virtualisation restent souvent les seuls moyens de les préserver de l’oubli. Toutefois, en tant qu’inutilitaires peu connus, ils risquent de disparaître lentement de la mémoire collective. L’approche préservation d’abandonware tente d’apporter une réponse, mais elle demeure contraignante : rares sont ceux qui installeront un système complet, en dual-boot ou en machine virtuelle, au seul fin de retrouver la poésie singulière de ces inutilitaires obscures. Dans le cas de la mise en retrait de Kodo, ou de l’abandonware dans le logiciel libre, Eric S. Raymond rappelait un principe fondamental :

« When you lose interest in a program, your last duty to it is to hand it off to a competent successor. »

Comme il le souligne dans The Cathedral and the Bazaar, la vitalité d’un logiciel dépend non seulement de l’engagement de ses créateurs initiaux, mais aussi de leur capacité à le transmettre à ceux qui sauront le faire vivre et évoluer.
Cette dualité met en lumière la fragilité des « inutilitaires » numériques : les logiciels propriétaires abandonnés demeurent prisonniers de leur époque, tandis que certains logiciels libres sombrent également dans l’oubli faute de suivi ou de communauté active.

Nous en arrivons désormais à Gource, afin de percevoir ce que représente une communauté vivante, participative et active : la face la plus connue du logiciel libre, celle que tous les community managers aspirent à montrer et que tous les participants souhaitent expérimenter, à l’inverse des logiciels abandonnés.

Gource en guise de conclusion pour 2025 et de Passage en 2026

Gource ou la danse du libre dans le village global contemporain

En passant à la nouvelle année 2026, notre ère actuelle de la participation collaborative, portée par les projets libres et open source, Gource déploie l’histoire d’un projet logiciel comme un poème en mouvement : des points de lumière naissent, se rapprochent, se séparent, traçant dans l’obscurité la mémoire vivante du code. Chaque commit devient une bifurcation du temps, et l’écran se fait constellation où l’effort collectif palpite. À la manière d’Octavio Paz, cette visualisation n’explique pas : elle révèle. Elle suspend le regard entre le flux et la forme, entre l’instant et la durée, rappelant le mouvement circulaire de son texte Piedra de sol (1957), où le temps n’avance pas en ligne droite mais revient, se replie et se réinvente. De la même façon, Gource ne raconte pas le développement comme une simple succession de versions, mais comme un présent perpétuel où passé et devenir coexistent à l’écran.

Chaque apparition de fichier ou de contributeur agit comme un « instant éclair », où le flux se condense et devient visible. La visualisation devient alors un espace de dialogue — entre individus, entre traces, entre silence et action — faisant écho à Blanco (1967), poème de l’espace et de la relation, ouvert à des lectures multiples, sans centre unique. Comme chez Paz, le sens ne naît pas de la juxtaposition de signes, mais de leur mise en relation.

Cette pluralité en mouvement rejoint la vision cosmopolite de Himno entre ruinas, où les voix du monde se croisent sans se dissoudre. Gource matérialise cette dynamique en montrant le développement comme une constellation d’acteurs dispersés sur la planète, unis par un même espace symbolique. Ici, l’interconnexion n’est pas un simple outil technique : elle est la condition même de l’existence du projet. C’est en cela que Gource rejoint la pensée de Marshall McLuhan, pour qui le « village global » ne désigne pas une uniformisation du monde, mais une intensification des relations, où chaque geste local résonne immédiatement à l’échelle planétaire.

Enfin, à l’image de Viento entero, où le présent se construit à partir de fragments hérités et réassemblés, Gource fait émerger une œuvre collective à partir de traces, de modifications successives, de strates de mémoire. Dans cette cité-monde interconnectée que McLuhan entrevoyait, la réflexion ne commence plus à partir d’un centre stable, mais du réseau lui-même. Gource en offre une figuration sensible : un village global de code et de lumière, où la création naît du passage, de l’échange et de la rencontre, et où l’interconnexion devient le point de départ de toute pensée commune.

Chaque contribution devient un souffle, chaque fichier une étoile, et le code collectif se déploie comme un poème en mouvement, où passé et présent, technique et humain, local et global s’entrelacent. C’est ainsi que nous sommes invités à percevoir nos vies numériques au cœur de nos interactions et de nos commits au sein de ce projet planétaire.

Ainsi, à travers Gource, l’esthétique du processus de collaboration globale propre au logiciel libre apporte une réponse concrète au questionnement du philosophe Byung-Chul Han (Pyŏng-ch’ŏl Han 한병전), qui déplorait la perte de profondeur au profit de surfaces lisses, brillantes et réflexives, mais fondamentalement creuses. Gource, par sa cartographie en constellations des processus collaboratifs du logiciel libre, démontre qu’il est possible d’évoluer au sein d’une constellation scintillante sans renoncer à la profondeur, celle-ci étant incarnée par le code source, l’historique des contributions et le processus open source d’élaboration collective du logiciel libre.

Contrairement aux œuvres de Jeff Koons, dont la brillance tend à masquer le vide, la visualisation proposée par Gource repose sur un socle profond, multiple et participatif. La surface lumineuse n’y est jamais autonome : elle renvoie toujours à une réalité sous-jacente faite de travail, de temporalité, de négociations, et de coopérations. En ce sens, Gource peut être considéré comme un exemple paradigmatique d’un reflet brillant issu d’un modèle profondément structuré, à l’exact opposé de l’esthétique lisse et creuse dénoncée par Han.

Par ailleurs, Gource incarne de manière exemplaire un espace de l’altérité, rendu visible par la contribution de chacun. Chaque contributeur y apporte sa perspective singulière, sa sensibilité propre et sa touche personnelle, participant ainsi à une œuvre collective en perpétuel devenir. Cette dynamique rejoint l’analyse d’Eric S. Raymond dans The Cathedral and the Bazaar, lorsqu’il souligne que « The next best thing to having good ideas is recognizing good ideas from your users », rappelant que la richesse du logiciel libre réside précisément dans la reconnaissance et l’intégration des apports de l’autre.

Enfin, à l’instar des poèmes de Han Shan surgissant sur les rochers ou les murs, Gource fait apparaître un ciel constellé, où chaque contribution éclaire fugitivement la galaxie vivante du projet, révélant la fluidité d’un processus créatif libre et en mouvement.

Conclusion

L’histoire des inutilitaires se déploie comme une poésie vivante, du calcul solitaire à l’intelligence collective. Sur son chemin, des instants inattendus surgissent : Xteddy, simple peluche virtuelle, montre que l’inutile peut étonner, émerveiller et tisser des liens, éveillant réflexion et imagination.

Les communautés libres insufflent vie à ces créations, leur offrant la force de survivre, d’évoluer et de voyager librement de plateforme en plateforme, à l’instar de Neko.

Dans un monde de codes et de réseaux, chaque contribution devient une étoile dans le « village global » de McLuhan, où frontières et distances s’effacent. Gource, FSV2 et GopherVR transforment l’exploration numérique en chorégraphie de lumière et de mémoire, révélant l’élan vivant et créatif des communautés du logiciel libre. L’informatique cesse alors d’être purement utilitaire : elle devient poésie, labyrinthe et voyage.

Mais la survie d’un logiciel ne repose pas seulement sur l’ouverture de son code : elle exige transmission, engagement communautaire et capacité à évoluer. Nous espérons que de plus en plus d’abandonwares et d’inutilitaires suivront le voyage de Neko, passant de l’ombre à la lumière du libre, enrichissant sans cesse l’espace vivant du logiciel. Il est tout aussi crucial que les logiciels déjà libres ne soient pas abandonnés, afin que l’histoire de l’informatique continue de s’écrire dans une dynamique collective et créative, où chacun reste acteur de son informatique, à l’inverse des monopoles évoqués dans XBill.

Et qu’un jour, nous puissions nous voir dans une de ces constellations cartographiques telle que Gource nous le montre, pour contempler, émerveillés, que dans cette poésie numérique, nous y avons tous participé.

Bonne année 2026 !

Pour aller plus loin ensemble en traineau

Il existe peu de livres consacrés aux inutilitaires, car, comme le pensait IBM (à l’inverse, par exemple, de l’Amiga) et sous son influence sur le domaine, l’informatique était considérée comme une affaire sérieuse. Pourtant, certains ouvrages ont documenté et inspiré ces créations décalées et humoristiques, notamment :

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LinuxFr

🏆 Meilleures contributions LinuxFr.org : les primées de décembre 2025


Internet
Publié le
vendredi 09 janvier 2026 09h54
Importé le
vendredi 09 janvier 2026 13h03

Nous continuons sur notre lancée de récompenser celles et ceux qui chaque mois contribuent au site LinuxFr.org (dépêches, commentaires, logo, journaux, correctifs, etc.). Vous n’êtes pas sans risquer de gagner un livre des éditions Eyrolles, ENI et D-Booker. Voici les gagnants du mois de décembre 2025 :

Les livres gagnés sont détaillés en seconde partie de la dépêche. N’oubliez pas de contribuer, LinuxFr.org vit pour vous et par vous !

Les livres 📚 sélectionnés

Certaines personnes n’ont pas pu être jointes ou n’ont pas répondu. Les lots ont été réattribués automatiquement. N’oubliez pas de mettre une adresse de courriel valable dans votre compte ou lors de la proposition d’une dépêche. En effet, c’est notre seul moyen de vous contacter, que ce soit pour les lots ou des questions sur votre dépêche lors de sa modération. Tous nos remerciements aux contributeurs du site ainsi qu’aux éditions Eyrolles, ENI et D-Booker.

     
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LinuxFr

🪶 Les journaux LinuxFr.org les mieux notés de décembre 2025


Internet
Publié le
vendredi 09 janvier 2026 09h42
Importé le
vendredi 09 janvier 2026 13h03

LinuxFr.org propose des dépêches et articles, soumis par tout un chacun, puis revus et corrigés par l’équipe de modération avant publication. C’est la partie la plus visible de LinuxFr.org, ce sont les dépêches qui sont le plus lues et suivies, sur le site, via Atom/RSS, ou bien via partage par messagerie instantanée, par courriel, ou encore via médias sociaux.

Ce que l’on sait moins, c’est que LinuxFr.org vous propose également de publier directement vos propres articles, sans validation a priori de lʼéquipe de modération. Ceux-ci s’appellent des journaux. Voici un florilège d’une dizaine de ces journaux parmi les mieux notés par les utilisateurs et les utilisatrices… qui notent. Lumière sur ceux du mois de décembre passé.

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Abelli

LA FACE CACHEE DU CLIC - 5ième édition 2026


Bruxelles
Publié le
vendredi 09 janvier 2026 09h00
Importé le
vendredi 09 janvier 2026 13h04

La face cachée du clic est un cycle de rencontres, des espaces de réflexion et de dialogue pour adultes, parents et ados, de partage d'expériences et de connaissances, pour comprendre ce qui se joue derrière nos clics.

- Evénements
LinuxFr

Deux projets open source remettent la sobriété et la fiabilité au cœur du monitoring Linux


Internet
Publié le
vendredi 09 janvier 2026 08h33
Importé le
vendredi 09 janvier 2026 13h03

Alors que les solutions de monitoring serveur deviennent toujours plus complexes et dépendantes de stacks lourdes, deux projets open source récents prennent le contre-pied de cette tendance : MonitorBox et Monitux. Leur objectif commun : revenir à un monitoring lisible, fiable et maîtrisable, pensé avant tout pour les administrateurs Linux.

    MonitorBox : réduire le bruit pour mieux gérer l’urgence

    MonitorBox part d’un constat largement partagé dans les équipes techniques : la multiplication des alertes engendre une fatigue des notifications, au point que les incidents critiques risquent d’être ignorés.
    Le projet introduit une logique volontairement simple mais efficace : réduction des faux positifs par vérifications successives, séparation claire entre alertes critiques et informationnelles, et retour d’un outil longtemps abandonné mais redoutablement efficace : le pager (bipper).

    En complément des notifications classiques, MonitorBox propose :

    une interface terminal pensée pour l’exploitation,
    un dashboard web léger,
    et une alerte matérielle dédiée pour les situations réellement urgentes.

    Le projet assume une philosophie pragmatique : mieux vaut peu d’alertes fiables que beaucoup d’alertes ignorées.

    Code source : https://github.com/simple-group/MonitorBox
    Présentation : https://www.ihaveto.be/2026/01/pourquoi-jai-ressuscite-le-pager-des.html

    Monitux : un monitoring “zero-dependency” pour réduire la surface d’attaque

    Monitux s’inscrit dans une démarche encore plus radicale de sobriété technique. Le projet se définit comme un outil de monitoring serveur sans base de données, sans langage interprété (PHP, Python, Node.js), et sans dépendances externes.

    Il repose exclusivement sur :

    • les outils natifs GNU/Linux (top, df, ss, systemd…), un affichage web minimaliste, et une protection d’accès via les mécanismes standards d’Apache (.htaccess / .htpasswd).

    Ce choix permet de limiter fortement la surface d’attaque, de simplifier l’installation et de garantir une excellente lisibilité du code. Monitux se destine particulièrement aux environnements où la stabilité, la sécurité et la compréhension priment sur la sophistication fonctionnelle.

    Code source : https://github.com/simple-group/Monitux/
    Présentation : https://www.ihaveto.be/2025/12/monitux-le-monitoring-serveur-revient.html

    Une même philosophie : simplicité, contrôle et responsabilité

    Bien que différents dans leur approche, MonitorBox et Monitux partagent une vision commune :
    le monitoring ne doit pas devenir une boîte noire, ni un empilement de dépendances difficile à auditer. Ces projets s’adressent aux administrateurs et équipes techniques qui souhaitent reprendre le contrôle, réduire la complexité et privilégier des outils compréhensibles, durables et open source.

    Les deux projets sont publiés sous licence libre et ouverts aux contributions.

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    GUTenberg

    5 février 2026 : « Latex Table Editor, un éditeur de tableaux en ligne WYSIWYG »


    France
    Publié le
    jeudi 08 janvier 2026 22h01
    Importé le
    vendredi 09 janvier 2026 05h04

    Jeudi 5 février 2026, à 20h en visio-conférence, nous aurons le plaisir d'assister à un exposé sur Latex Table Editor, un éditeur de tableaux en ligne WYSIWYG exportant vers plusieurs langages, notamment LaTeX, ConTeXt, Plain TeX et Typst. Titre définitif et résumé à venir. L'exposé aura lieu en visio-conférence, ici et, en cas d'indisponibilité, ici.

    - Exposés mensuels
    PARINUX

    Assemblée Générale de Parinux le 15 janvier 2026


    Île-de-France
    Publié le
    jeudi 08 janvier 2026 20h37
    Importé le
    jeudi 08 janvier 2026 21h03

    L'Assemblée Générale de l'Association Parinux portant sur le bilan 2025 se tiendra le jeudi 15 janvier et sera ouverte à toustes, membres comme non membres.
    Seules les personnes membres à jour de cotisation pourront se prononcer par vote au cours de l'AG formelle mais nous ferons en sorte que la partie formelle ne soit pas trop longue pour laisser la place à plus d'échanges et de convivialité.
    Cela permettra de faire découvrir l'activité de Parinux à un plus grand nombre, d'autant que (…)

    - L'association
    Zoomacom

    Adieu Windows, bonjour Linux avec des Install Parties régulières à St-Étienne


    Auvergne-Rhône-Alpes
    Publié le
    jeudi 08 janvier 2026 15h50
    Importé le
    jeudi 08 janvier 2026 21h03

    Des temps conviviaux pendant lesquels on installe le système d’exploitation Linux sur les ordinateurs des participants… pas étonnant que Zoomacom...

    L’article Adieu Windows, bonjour Linux avec des Install Parties régulières à St-Étienne est apparu en premier sur Zoomacom.

    OMJC

    Soirée théma janvier 2026


    Hauts-de-France
    Publié le
    jeudi 08 janvier 2026 10h43
    Importé le
    jeudi 08 janvier 2026 13h04

    le méliès soirée du 10/01/2026 Tarif : 5 € la soirée cinéma (ou 4,50 € le film) Métro : Triolo (ligne 1)
    Dans leurs regards
    ➿ 20h00 : Les filles d'Olfa de Kaouther Ben Hania VOSTF
    La vie d'Olfa, Tunisienne et mère de 4 filles, oscille entre ombre et lumière. Un jour, ses deux filles aînées disparaissent. Pour combler leur absence, la réalisatrice Kaouther Ben Hania convoque des actrices professionnelles et met en place un dispositif de cinéma hors du commun afin de lever le voile sur (…)

    - Images
    April

    « Libre à vous ! » sur radio Cause Commune (13 janvier 2025)


    France
    Publié le
    jeudi 08 janvier 2026 10h32
    Importé le
    jeudi 08 janvier 2026 13h03
    Start: 13 Janvier 2026 - 15:30End: 13 Janvier 2026 - 15:30

    265e émission Libre à vous ! de l'April en direct sur radio Cause Commune 93.1 FM et DAB+ en Île-de-France, et sur le site web de la radio, mardi 13 janvier 2025 de 15 h 30 à 17 h. Le podcast de l'émission et les podcasts par sujets traités sont disponibles dès que possible, quelques jours après l'émission en général.

    Au programme :

    • sujet principal : C&F éditions, avec Hervé Le Crosnier. Sujet animé par Laurent Costy
    • la chronique Que libérer d’autre que du logiciel d’Antanak
    • la chronique Lectures buissonnières de Vincent Calame
    • quoi de Libre ? Actualités et annonces concernant l'April et le monde du Libre

    Nous contacter pour poser une question :

    Intervenir pendant le direct (mardi 13 janvier 2025 de 15 h 30 à 17 h 00) :

    Écouter le direct mardi 13 janvier 2025 de 15 h 30 à 17 h 00   S'abonner au podcast S'abonner à la lettre d'actus

    Les ambitions de l'émission Libre à vous !

    La radio Cause commune a commencé à émettre fin 2017 sur la bande FM en région parisienne (93.1) et sur Internet. Sur le site de la radio on lit : « Radio associative et citoyenne, les missions de Cause Commune sont de fédérer toutes les initiatives autour du partage et de l’échange de savoirs, de cultures et de techniques ».

    Nous avons alors proposé de tenir une émission April intitulée Libre à vous ! l'émission pour comprendre et agir avec l'April — d'explications et d'échanges concernant les dossiers politiques et juridiques que l'association traite et les actions qu'elle mène. Une partie de l'émission est également consacrée aux actualités et actions de type sensibilisation. L'émission Libre à vous ! est principalement animée par l'équipe salariée de l'April mais aussi par des membres bénévoles de l'association et des personnes invitées. Donner à chacun et chacune, de manière simple et accessible, les clefs pour comprendre les enjeux mais aussi proposer des moyens d'action, tel est l'objectif de cette émission hebdomadaire, qui est diffusée en direct chaque mardi du mois de 15 h 30 à 17 h.

    Les archives de l'émission

    Écouter les émissions précédentes

    Numericatous

    Pourquoi passer à Linux ? 5 raisons pour vous convaincre


    Centre-Val de Loire
    Publié le
    jeudi 08 janvier 2026 10h20
    Importé le
    jeudi 08 janvier 2026 13h03
    Vous vous posez des questions sur le système d’exploitation Linux ? Vous hésitez à vous lancer ?Voici 5 bonnes raisons qui devraient vous convaincre de sauter le pas : Ce système a de nombreux avantages au quotidien. De plus, les distributions Linux d’aujourd’hui sont simples à prendre en main et leur design est vraiment bien […]
    MJC Chenôve

    Plein succès pour l’atelier maniabilité et le ciné-cyclo à la Boîte à vélo


    Bourgogne-Franche-Comté
    Publié le
    mercredi 07 janvier 2026 17h00
    Importé le
    mercredi 07 janvier 2026 21h03

    Durant les vacances de Noël, la Boîte à vélos des Maisons Pop a proposé aux enfants un atelier maniabilité vélo sur le parc urbain afin de tester leur niveau autour de petits défis-jeux et leur permettre de s’améliorer. L’après-midi vélo s’est terminée par une séance de cinéma avec l’association Ciné-Cyclo, organisée pour les habitants du […]

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    MJC Chenôve

    Vacances de Noël aux Maisons Pop


    Bourgogne-Franche-Comté
    Publié le
    mercredi 07 janvier 2026 16h49
    Importé le
    mercredi 07 janvier 2026 21h03

    Durant les vacances d’hiver, la Maison Pop Rouge a adopté un nouveau sapin.. durable, recyclé à base de palettes et décoré avec goût à travers l’activité créative « peinturlure d’hiver » Un nouvel arrivant, crée à partir de palettes, à eu la chance de se faire relooker par les De Vinci de demain à travers l’activité « peinturlure […]

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    MJC Chenôve

    Sortie Famille « Fameux Festival »


    Bourgogne-Franche-Comté
    Publié le
    mercredi 07 janvier 2026 16h07
    Importé le
    mercredi 07 janvier 2026 21h03

    Mercredi après-midi 10 décembre, une très belle sortie en famille a eu lieu à la Minoterie à l’occasion du « Fameux Festival », placé sous le thème du Vent d’hiver. Au programme : spectacle de théâtre captivant, exposition ludique et poétique, ainsi que des ateliers créatifs. Une après-midi douce, inspirante et chaleureuse.

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    MJC Chenôve

    Atelier création de carnet


    Bourgogne-Franche-Comté
    Publié le
    mercredi 07 janvier 2026 15h59
    Importé le
    mercredi 07 janvier 2026 21h03

    Le projet de création de carnets a été pensé comme un temps de découverte, d’expression et de partage. L’objectif était simple : permettre à chacun de concevoir un carnet unique, à son image, tout en découvrant les étapes de fabrication et les techniques de reliure. Tout au long du projet, les participants ont été accompagnés […]

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    MJC Chenôve

    Découvrez l’exposition “Ces vies que je ne veux plus taire” de l’artiste Guendouz Bensidhoum


    Bourgogne-Franche-Comté
    Publié le
    mercredi 07 janvier 2026 15h24
    Importé le
    mercredi 07 janvier 2026 21h03

    Découvrez l’exposition “Ces vies que je ne veux plus taire” de l’artiste Guendouz Bensidhoum   Des œuvres d’art inspirées des vies et des souvenirs des habitants d’une cité de transit aujourd’hui disparue. Guendouz a réalisé des tableaux qui font mémoire du vécu et des personnes rencontrées au cours de son enfance, son adolescence et sa […]

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